Élevage

Le chien de protection mérite réflexion

La configuration des exploitations bretonnes limite l’action des chiens de protection, destinés aux grands espaces sans voisinage.

Le chien de protection est « une formule efficace » contre les prédateurs à deux ou quatre pattes… « mais qui nécessite des prérequis et des mises en garde », avertit Jean-Michel Jolly, éleveur ovin dans la Creuse.

Compliqué à gérer sur des petites surfaces

« L’éleveur qui décide d’avoir ce type de chien doit savoir ce qu’il a entre les mains. » Ces chiens de 80 cm au garrot, de 70 kg, avec cet instinct de protection face aux loups, peuvent être une vraie arme. « Ils doivent donc avoir un maître qui les gère et qui en est responsable ! », met en garde l’expert auprès de l’Institut de l’élevage, intervenant dans les formations Chien de protection. «  Ce sont des chiens primitifs, qui demandent une approche particulière. Ils représentent l’antithèse des chiens de conduite comme les Border Collie », rappelle-t-il. C’est un système qui mérite donc réflexion avant de s’y engager. Il faut d’abord étudier si c’est possible d’accueillir ce type de chien par essence destiné aux grands espaces par rapport au parcellaire de l’exploitation. Les bords de route, les clôtures sont à exclure. La gestion du troupeau par lot implique un nombre de chiens important. Et ce canidé à la grosse voix et à l’activité nocturne ne plaît guère aux voisins…

Une mise en place dans le troupeau délicate

On en retrouve surtout dans les troupeaux ovins. Mais il y en a aussi dans des élevages bovins, « même si c’est plus compliqué à mettre en œuvre », ou en volaille de plein air. « La grande part de réussite réside dans la mise au troupeau ». Cette phase délicate demande « beaucoup de surveillance — car, malgré les a priori, cela ne se fait pas tout seul — et peu d’intervention, le chien devant se connecter avec le troupeau, son domaine social, et non avec les humains ». Le protocole à suivre varie selon la lignée, la naissance, la fratrie de ce chien, sa connexion possible avec un troupeau avant son arrivée dans l’exploitation… De ce début délicat, où les moyens d’action sont bien plus limités qu’avec un chien de conduite de troupeau, résultera l’efficacité de ces chiens à la robe fauve qui leur permet de se fondre dans le troupeau : « Il faut compter deux ans de travail pour qu’un chien soit efficace. Malgré tout, 20 % des chiens restent inaptes à ce travail de protection. »

22 races
Dans la catégorie des chiens de protection, on retrouve 22 races, dont les plus courantes sont les chiens de Montagne des Pyrénées plus communément appelés « patous » ou les bergers d’Anatolie Kandal. Elles descendent toutes des Dogues de Tibet. Leurs populations se sont développées en Europe dans les chaînes de montagne avec les troupeaux ovins transhumants.
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