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Production laitière : des revenus stables au 1er trimestre 2020

Au 1er trimestre 2020, les premiers résultats montrent une stabilité des revenus. L’amélioration du prix du lait et la progression du volume livré permet de maintenir la rentabilité.

Dans les premières clôtures 2020 des exploitations costarmoricaines, le prix du lait payé aux producteurs progresse de 13 € par rapport au 1e trimestre 2019 vers 354 €/1000 litres. La variation est liée à la hausse du prix de base (+8 €) puis au retour à la normale de la plus-value (+5 €) car les taux butyreux et protéique s’améliorent sur la période. Le volume livré continue de progresser (+4%) et la productivité de la main d’œuvre remonte (+ 15 000 litres ; 354 000 l/UTH exploitant). Le coût alimentaire progresse de 1.5 €/1000 litres vers 92 €/1000 litres. Le chargement (1.67) et le rendement par vache (7640 litres) sont stables. Suite à l’encombrement des marchés européens, le produit viande se dégrade encore : les vaches de réforme voient leurs prix baisser de 20 € sur la période vers 820 € et les cours des veaux plafonnent à moins de130 €. Au final, l’amélioration de marge brute de l’atelier n’est que de 5 € pour atteindre 239 €/1000 l.

Revenu stable

Les charges de structure de l’exploitation progressent sur un an. Les marges céréales restent proches du niveau de l’an dernier vers 760 €/ha (+18 €/ha). Le revenu par UTH exploitant est stable par rapport à l’an dernier.
D’un niveau record en 2019, les investissements se stabilisent. Le point d’équilibre global basé sur une rémunération de 29 300 €/UTH exploitant n’est pas couvert par le prix du lait. Il manque environ 15 € en moyenne pour équilibrer. Toutes ces tendances seront à confirmer dans les prochains mois lorsque toutes les clôtures comptables seront réalisées.

Côté conjoncture, depuis la mi-mars 2020, la crise sanitaire liée au coronavirus est venue perturber les marchés laitiers avec la fermeture de la Restauration Hors Domicile, le report de consommation vers les GMS et les difficultés de débouchés sur les marchés export. Les fromages AOP souvent vendus à la coupe ou dans les restaurants ont été les plus impactés par la crise sanitaire. Les laiteries spécialisées dans ces produits ont été les plus touchées par la crise sanitaire. Présents sur l’ensemble des marchés laitiers et disposant d’un mix produit diversifié, les grands opérateurs bretons ont été moins exposés et ont limité les baisses du prix A payé aux producteurs. Les cotations beurre poudre ont chuté avant de rebondir depuis le début mai tout en restant à un bas niveau. Le prix B directement connecté au marché mondial a subi de plein fouet la chute des prix mondiaux de fin mars avec un prix de base en B descendu à 241.60 €/1000 litres en juin 2020. La sortie de crise sanitaire se précise mais l’inquiétude subsiste sur les conséquences de la récession économique mondiale. Il y a donc peu de lisibilité sur les prix du lait au second semestre …

Geneviève AUDEBET, Cerfrance Côtes d’Armor

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