Découvertes

De trader à agriculteur

Aux jardins de Coët-Kra, quatre logements sont à la disposition de vacanciers pour des séjours à la ferme et la découverte de la permaculture.
Jonathan Athimon et Riboul, veau armoricain né sur la ferme.

Et si l’agrotourisme répondait aux demandes de vacances des Français pour les congés estivaux à venir qu’ils devront organiser dans la précipitation et cibler très certainement de manière plus locale ? C’est une activité que propose Jonathan Athimon après une reconversion professionnelle, un virage à 90 ° qu’il a réalisé quand il a décidé de lâcher en 2011 son activité de négoce international en viande pour se reconvertir en « néopaysan ».

Entre la raison et la passion

Le choc a été brutal. « Lors d’une visite dans le Matto Grosso, au Brésil, un de mes fournisseurs m’a fait survoler en hélicoptère sa ‘fazenda’ de 42 000 ha. Et là, ce n’était pas un reportage à la télévision. J’ai vu de mes propres yeux la coupe et les brûlis dans la forêt amazonienne pour faire de nouvelles pâtures. Tout en réalisant que j’étais acteur de ce système… » Cette prise de conscience l’a amené à construire « un projet de vie plus local, qui a du sens », avec un impact positif sur l’environnement « en jouant sur la biodiversité et le contact social ».

La longère rénovée abrite deux logements.

Le sens du contact

Doté d’un sens relationnel aiguisé, c’est tout naturellement qu’il s’est dirigé vers l’accueil à la ferme, après la rénovation d’une longère à Plaudren (56) et l’investissement dans deux logements insolites : roulotte et cabane dans un arbre. Depuis deux saisons, « je peux ainsi poursuivre mes voyages – mais de manière immobile ! – en recevant les touristes de toutes les régions de France et de l’étranger, toutes classes d’âges confondues ». Des contacts aussi nombreux que variés « d’une grande richesse » qui lui permettent par la même occasion de continuer à pratiquer l’anglais et le russe, ainsi que ses notions de portugais et d’allemand.

Des réseaux pour se faire connaître

L’activité d’accueil a démarré rapidement, et permet à l’exploitation de se mettre en place, avec l’accroissement progressif du troupeau bovin et ovin et une recherche de foncier supplémentaire. Pour le démarrage, il s’est entouré du savoir-faire du réseau Bienvenue à la ferme et de son équipe. « Sa plate-forme de référencement m’a permis de gagner en visibilité et notoriété ». L’an dernier, il a aussi rejoint AgriVillage, une jeune start-up qui recense 400 offres d’accueil chez des agriculteurs de la France entière (dont 54 offres d’accueil à la ferme en Bretagne). Un nombre d’offres qui reste néanmoins insuffisant pour satisfaire la demande grandissante d’urbains qu’elle reçoit, en quête d’un contact avec le monde agricole dont ils se sont éloignés. Ce réseau de réservation complémentaire qu’il a rejoint tardivement l’an passé lui a permis de capter sept locations supplémentaires en fin de saison. « Le projet de cette structure de mettre en relation urbains et agriculteurs est attractif. Ils ont bien cerné le besoin de la clientèle et le côté de l’offre. Cette petite structure dynamique est à l’écoute. Et le retour des clients est positif : ce qui y est vendu correspond donc bien aux réalités découvertes dans mon exploitation. »

La cabane dans l’arbre.

Proposer une activité découverte

Cette nouvelle adhésion impose en effet de proposer un petit « + » : une activité avec les agriculteurs. L’occasion d’expliquer son métier et, pour les convives, de baigner dans la réalité, de s’intégrer à la ferme, tout en ayant le sentiment de se rendre utile. « Si les activités varient en fonction des saisons, ils m’aident à alimenter les poules, à nourrir ou brosser la jument, à ramasser les fraises… Mais celle qui a le plus plu concerne le bouclage des agneaux. Une petite fille s’est investie de la responsabilité de noter le numéro et des précisions sur l’agneau, quand ses deux frères m’ont aidé à parquer, attraper et maintenir les animaux. Lors du départ, d’un commun accord, c’était le moment fort de leurs vacances. Un souvenir inoubliable pour eux.» Et des sourires en retour qui font aussi chaud au cœur pour les agriculteurs hôtes.

Découverte de la permaculture
L’exploitation en création comprend 3 vaches Armoricaines et 20 brebis Landes de Bretagne, un petit cheptel aujourd’hui adapté à la surface de 6 ha, gérés en permaculture (pâture et arboriculture, maraîchage). L’objectif est de monter à 30-40 ha « pour développer l’élevage, avec pourquoi pas l’installation d’un paysan boulanger », pour créer un magasin à la ferme.

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