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Une passion qui traverse les générations

L’ancien poulailler de 1 500 m2 abrite aujourd’hui une impressionnante collection de vieux tracteurs particulièrement rares pour certains. On y trouve aussi de vieux outils et du matériel agricole.

La famille Jacob à Ploumagoar (22), c’est trois générations qui se réunissent autour d’une même passion pour les tracteurs anciens et les outils en lien avec le monde agricole. Tout a commencé dans les années 1970 lorsque Jean Jacob, agriculteur sur la commune de Ploulec’h (22), se lance avec quelques collègues paysans dans l’organisation d’une fête des battages. « Nous avions tous un vieux tracteur sur notre ferme qui servait pour les petits travaux ainsi que des vieilles batteuses et du matériel ancien. Nos tracteurs partaient ensuite pendant un mois et demi sur d’autres fêtes agricoles notamment à Plénée-Jugon ou à Plumaugat », se rappelle Jean Jacob. Ces fêtes sont l’occasion d’échanger avec de nombreux agriculteurs et de dénicher des tracteurs anciens oubliés dans un coin de hangar ou au fond d’un champ. « Les trois premiers tracteurs de la collection étaient un Farmall Cub, un Massey Harris et un Fendt. »

Jean, son fils Michel et son petit fils Jean-André Jacob ont une anecdote à raconter sur chaque tracteur. « Toutes les occasions étaient bonnes pour tenter de savoir où se cachaient les tracteurs. Lorsque l’on allait faire le calva, le bouilleur de cru nous donnait toujours quelques tuyaux. C’est grâce à lui que nous avons trouvé notre Lanz Bulldog qui était dans un verger depuis plus de 10 ans. Le propriétaire ne voulait pas le vendre et, après plusieurs semaines de négociation, il a accepté de nous le donner à condition que nous le remettions en route », raconte Michel Jacob.

Le Labourier est le premier tracteur acheté par Michel Jacob

Un Austin acheté 6 000 francs

Lors d’un week-end passé chez des amis en Dordogne, Jean entend parler d’un collectionneur de tracteurs anciens qui vit sur le secteur. Il décide de lui rendre visite, l’ancien forgeron possède une trentaine de tracteurs. Jean réussira à lui acheter 4 modèles : un McCormick 10-20, un Renault 304 E, un Fordson 10-20 et un Austin. « J’ai acheté l’Austin 6 000 francs en 1990. C’est un modèle fabriqué en Angleterre en 1920 avec des roues en fer. C’est une des pièces les plus rares de notre collection », estime Jean Jacob.

À la recherche de modèles rares

Michel Jacob se rappelle du premier tracteur qu’il a acheté : « C’était chez un gros collectionneur de Niort qui possédait plus de 500 engins. Je lui ai pris un Labourier ; ce tracteur fait un bruit particulier avec son double piston. Lorsqu’il est démarré, on a l’impression qu’il aspire de l’air. En tout, nous lui avons acheté une vingtaine de tracteurs ainsi que du matériel ancien. Certains tracteurs étaient entièrement rénovés et d’autres étaient dans leur jus. Là, il faut vraiment être passionné pour remettre en route ces tracteurs car cela demande beaucoup de temps et énormément de patience pour retrouver des pièces d’origine. » Aujourd’hui ça devient plus compliqué de trouver de beaux modèles à des prix raisonnables. Selon Michel Jacob, il ne reste plus grand chose de valable en Bretagne et il faut parfois aller à l’étranger pour trouver des modèles manquants à leur collection. « Ce qui nous intéresse, ce sont les modèles rares. Sur un total de 67 tracteurs anciens, nous avons 60 modèles différents », fait remarquer Jean-André Jacob.

La culasse et les injecteurs du Bolinder de 1939 sont chauffés pendant 30 minutes pour faciliter le démarrage.

Tous les tracteurs sont démarrés régulièrement

Les tracteurs et autres matériels agricoles anciens sont logés dans un ancien poulailler de 1 500 m2 et il ne reste plus beaucoup de place pour d’éventuelles nouvelles acquisitions. « Tout n’est pas ici en plus », précise Michel Jacob. Tous les tracteurs, dont certains viennent d’atteindre l’âge de 100 ans, sont exposés d’un côté du bâtiment. De l’autre côté, on trouve des batteuses, des charrues à chevaux, des charrettes, des outils agricoles divers et variés, des semoirs, des pulvérisateurs…

Jean-André Jacob, fait état des particularités de chacun pour le démarrage démonstration à l’appui. Pour le tracteur hongrois Robuste GS 35 fonctionnant au diesel, il faut chauffer la boule avant de lancer la poulie sur le côté qui permet de démarrer. Pour l’Allgaier un peu plus loin c’est un système à mèche qui permet de préchauffer le gasoil avant de lancer le moteur. Sur le Bolinder de 1939, la culasse et les injecteurs doivent être chauffés durant 30 minutes avant de pouvoir le démarrer à l’aide d’une manivelle. Les tracteurs sont tous démarrés régulièrement et les trois passionnés proposent mêmes des visites pour des groupes ou des personnes qui partagent cet amour pour les vieilles mécaniques.

À la recherche d’une commune pour créer un musée
Le vieux poulailler de 1 500 m2 étant bien rempli de tous ces tracteurs anciens, outils et autres matériels agricoles, cela devient difficile de les mettre en valeur. Les membres de la famille Jacob rêvent de monter un musée dédié aux vieilles mécaniques agricoles. « Ce type d’endroit n’existe pas encore dans les Côtes d’Armor. Nous aimerions trouver une commune qui serait intéressée par ce projet et qui aurait un bâtiment qui pourrait recevoir nos engins. Nous avons déjà en tête les 15 tracteurs qui mériteraient d’être mis en avant dans ce musée. Ça serait aussi l’occasion d’exposer du matériel et tout un tas d’outils qui étaient utilisés dans les fermes autrefois », imagine Michel Jacob. L’appel est lancé.

Contact Jean-André Jacob : 07 86 13 05 26

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