Élevage

L’eau coule de source

Au Gaec Abgrall, à Lampaul-Guimiliau (29), l’exploitation a investi 1 000 € dans une pompe solaire affichant un débit largement suffisant pour alimenter les lots de génisses.

Erwan Abgrall aime les choses simples et efficaces. La pompe à eau solaire fait partie de ces outils simples d’utilisation. « Cela fait trois ans que nous nous sommes équipés du kit », explique l’éleveur laitier qui a remisé la tonne à eau. « Le troupeau laitier est alimenté en eau grâce à un réseau souterrain alimenté par une source au bon débit et les génisses en pâture par la pompe solaire. C’est une demi-journée de gagnée par semaine depuis que nous ne sommes plus obligés d’envoyer l’eau au champ ; et autant de temps supplémentaire pour observer le troupeau ».

Installation rapide

Seule petite contrainte : la pompe doit être remisée l’hiver car ce type de matériel craint le gel. « Mais son démontage comme sa réinstallation est rapide », démontre Erwan Abgrall en vissant le panneau sur son mat – « Tout est prévu pour intervenir sans clé », fait-il observer –. Enfoncer le support en terre ne nécessite pas davantage d’outil : il suffit de monter sur la double bêche prévue à cet effet, comme pour les poteaux de clôture. « J’ai remarqué qu’un panneau solaire placé en hauteur affiche une meilleure production électrique ; question de rayonnement sans doute », dit au passage l’éleveur.
Le panneau de 30 watts est relié à une batterie de 12 volts qui assure l’alimentation électrique de la pompe 24 h/24. « Cette batterie a 3 ans ; je pense qu’elle fera encore une année. Il faut compter 110-120 € pour la renouveler ». Particularité de ce kit solaire de marque Horizont : il est étudié pour alimenter simultanément un électrificateur de prairie. « Un seul panneau et une seule batterie suffisent ».

Directement dans le ruisseau

La pompe submersible à pales peut être immergée dans un ruisseau ou une réserve naturelle d’eau. Pas besoin de la placer sur une planche ou un morceau plastique puisque son mécanisme est protégé par un double tamis dont le second de très petit calibre. « En été, quand le niveau d’eau baisse dans le ruisseau, il arrive que la pompe ne soit qu’à demi-immergée : elle fonctionne quand même », a observé l’éleveur de Lampaul-Guimiliau, précisant que le tuyau d’alimentation d’eau livré avec le kit de pompage mesure 25 mètres. « J’ai fait des essais en l’allongeant jusqu’à 40 mètres et la pompe fonctionne très bien. Au-delà de cette longueur c’est plus difficile ». Cette pompe est théoriquement prévue pour pomper jusqu’à une profondeur de 10 mètres, mais son débit baisse en fonction de la profondeur.
La pompe alimente un bac avec un flotteur électrique équipé d’un interrupteur (système d’aimants qui en se rapprochant déclenchent le pompage quand 30-40 L d’eau ont été consommés). « Un bac de 600 L alimenté par une pompe au débit de 15 L/min est largement suffisant pour un lot de 15 génisses ».

Supprimer les abreuvements directs
Le Syndicat de bassin de l’Élorn (29) aide les exploitants à trouver des solutions techniques pour supprimer les abreuvements directs dans les cours d’eau, ainsi que les zones de traversée dans le cours d’eau. « Le syndicat met à disposition des exploitants du matériel (pompes, bacs, tuyaux) pour leur permettre de le tester et de trouver une solution adaptée », explique Nolwenn Le Gac, chargée de mission agriculture et zones humides. « Nous aidons aussi les exploitants à mettre en œuvre des travaux plus conséquents : demi-buse, pont aérien, aménagement de passage à gué, ces derniers travaux nécessitant une déclaration de travaux auprès de la Police de l’eau. »
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