Cultures

Betterave : S’inspirer de la cousine sucrière pour les semis

Limiter le travail du sol est très compliqué en semis de betterave fourragère. Pourtant, un producteur de l’Aisne s’est passé de labour pour implanter ses betteraves sucrières, dont la culture est proche de son homologue fourragère.

« Le parallèle entre betterave sucrière et fourragère est très pertinent. Les conditions de culture ainsi que la structure du sol doivent être similaires », résume Alexandre Carré, en charge de la communication au Gnis. S’il est difficile de minimiser le travail du sol pour les betteraves, des approches simplifiées sont à l’essai chez certains producteurs. « Cette technique demande plusieurs années de TCS ou de pratique d’une agriculture de conservation des sols », poursuit Alexandre Carré, qui rappelle que « les betteraves seront sans doute les dernières cultures à pouvoir être semées en direct ».

Les couverts ne doivent pas pénaliser la culture

Sur son exploitation située à Étaves-et-Bocquiaux (02), Vincent Guyot est en non-labour depuis près de 20 ans. Le travail du sol en interculture sert à mulcher les couverts végétaux semés après moisson. La réglementation en vigueur sur ce département des Hauts-de-France demande à conserver au minimum les couverts « pendant 2 mois. Leur destruction est possible à partir du 1er novembre ». À cette date, l’agriculteur détruit chimiquement ses couverts, un broyeur frontal combiné à un canadien vient en décembre mélanger les végétaux à la terre de surface. « Un second passage est réalisé en janvier avec ces mêmes outils. La profondeur de travail est de 15 cm ». La veille du semis des betteraves sucrières (autour du 15 mars), le sol est préparé avec un passage de vibroculteur à l’avant du tracteur et d’un Kompactor de chez Lemken à l’arrière.
« C’est techniquement possible de minimiser le travail du sol, mais il faut s’équiper de matériels spécifiques. C’est une plante racine, hors de question d’avoir un sol en béton ».

À la recherche d’une légumineuse

Dans les couverts semés en été, Vincent Guyot opte pour la phacélie, des pois protéagineux, de l’avoine et un peu de moutarde. « La féverole est écartée, car c’est une plante hôte de nématode du collet. Je recherche d’autres légumineuses comme des trèfles ou des vesces pour la remplacer ». Ces années de pratique d’une agriculture de conservation portent leurs fruits, les sols crayeux « se colorient, avec une concentration de matière organique en surface. Les terres se réchauffent plus vite », conclut le producteur.

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