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En colza, que faire face aux sols trop humides ?

Après trois mois d’automne très arrosés, les pluies abondantes en février et début mars contraignent de nombreux agriculteurs à reporter leurs apports d‘engrais. En parallèle, la douceur hivernale a nettement hâté le développement et le rythme de croissance. 

La dose d’azote à apporter est directement liée à l’hypothèse de rendement retenue. Examiner les colzas (pivots et parties aériennes) pour identifier d’éventuels facteurs limitants forts : asphyxies racinaires en lien avec l’hydromorphie et attaques de ravageurs : larves d’altises ou charançons à l’aisselle des feuilles ou dans le cœur des plantes, mouches du chou ou hernie au niveau du système racinaire… Ne cherchez pas à sécuriser inutilement les apports d’engrais. L’azote ne guérit pas les plantes.

Le colza peut absorber tout au long de la floraison, voire après

Terres Inovia a pour habitude de recommander un fractionnement de la dose d’azote entre les stades C2 et E pour subvenir suffisamment tôt aux besoins du colza. Il faut savoir qu’un colza sain sans stress hydrique absorbe quantité d’azote au moins jusque fin floraison tant qu’il en a à disposition et tant qu’il en a besoin. La courbe d’absorption est en pleine phase exponentielle entre D2 et G1 (chutes des premiers pétales).
Dans l’hypothèse où les parcelles humides ne redeviennent pas praticables avant la mi-mars, il faudra sans doute apporter des doses conséquentes dans un intervalle de temps court (en espérant — c’est là le comble — que des pluies ultérieures aux apports permettent une bonne valorisation). Sur le plan technique, les apports d’engrais à floraison ne font pas perdre de potentiel de rendement. Il n’y a donc pas péril en la demeure si le solde des apports d’engrais azotés n’est pas réalisé avant floraison.

Au stade E, les boutons séparés sur l’inflorescence principale et les boutons dégagés des inflorescences secondaires sont particulièrement exposés à des risques de brûlure (en conditions sèches notamment). La forme solide devient celle à privilégier dès ce stade atteint.

Pas encore d’apport de soufre ?
Dans ce cas, un apport de 75 U est à réaliser dès que possible. Les formes sulfates sont à privilégier (sulfate d’ammoniaque, ammonitrate soufré, solution azotée soufrée, kiésérite, etc.) En cas de carence avérée plus tard en saison (fleurs avec des pétales blancs, jaunes clairs), il est possible de corriger la carence par une pulvérisation de 100 kg de sulfate d’ammoniaque pour un volume de pulvérisation 500 L/ha. Une telle pratique est peu commode, mais permet de sauver la culture. Une carence en soufre peut engendrer une perte de rendement de 20 q/ha.

Jean Lieven et Luc Champolivier / Terres Inovia

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