Le colza a besoin de soufre

 - Illustration Le colza a besoin de soufre
Un colza carencé en soufre.
Certains secteurs ont été très arrosés et les températures hivernales sont douces : doit-on modifier les pratiques de fertilisation soufrée cette année ? Non, il faut juste prendre en compte la spécificité du colza et éviter les impasses inconsidérées, encore plus cette année.

Les besoins en soufre du colza sont élevés (de l’ordre de 200 kg SO3 par ha), bien plus qu’en céréales, maïs ou betteraves. L’absorption devient forte très tôt en fin d’hiver (dès le début de la montaison, stade C2) et va croissant avec l’accumulation de biomasse du colza.
Les pertes de soufre par lessivage hivernal ne doivent pas être négligées. En fonction des conditions du milieu, les pertes sont toujours très variables. Les risques sont accrus lorsque les pluies cumulées de novembre à février sont supérieures à 350 mm. À la fin janvier, ces cumuls étaient déjà atteints dans certaines régions.
Pourquoi apporter systématiquement

75 U du soufre ?

Compte tenu de la fréquence élevée de carence en colza et du niveau de perte de rendement associé (jusqu’à 10 voire 20 q/ha), Terres Inovia conseille d’apporter systématiquement 75 kg/ha de SO3 sous forme sulfate. L’apport doit avoir lieu au moment où l’absorption journalière de soufre par la culture devient très élevée alors que la minéralisation du soufre organique est encore trop lente dans le sol pour satisfaire les besoins de la culture. La quantité de soufre dans le sol est certes généralement élevée mais essentiellement sous forme organique, non utilisable directement par les plantes. L’apport est donc indispensable.
La dose de 75 unités de soufre (SO3) permet de compenser les exportations par la culture et offre le meilleur rapport rendement/qualité de la graine (90 essais Terres Inovia). Il n’y a pas lieu de vouloir modifier cette dose ni d’espérer un quelconque gain de son fractionnement.
L’apport est à réaliser simultanément avec le 1er ou 2e apport d’azote (stade C2 à D1). Au nord de la Loire, mieux vaut attendre généralement fin février.
Il existe une grille de raisonnement de la fertilisation soufrée des céréales basée sur l’identification d’un risque lié à la parcelle. Cette approche ne peut pas être extrapolée au colza en tenant compte de ses besoins élevés et tôt en saison.

Cas des parcelles recevant des apports organiques

Les produits organiques appliqués avant colza fournissent une faible quantité de soufre (le plus souvent, moins de 10 kg SO3/ha). Or, on constate que les impasses d’apports d’engrais SO3 en colza sont nettement plus fréquentes dans les parcelles recevant de la matière organique avant semis (enquêtes Terres Inovia réalisées tous les 2 ans). Vigilance car les impasses génèrent un risque !
Les parcelles avec apports réguliers de PRO sont potentiellement moins exposées à la carence, mais le risque reste bien présent. D’avis d’expert, et uniquement pour les situations recevant des apports organiques réguliers (au moins tous les 2 à 3 ans), Terres Inovia conseille un apport de l’ordre de 50 U de SO3/ha, au lieu de 75.

La forme de l’engrais soufré est importante

De nombreux engrais soufrés sont utilisables en colza. Les formes sulfates sont à privilégier et sont associées souvent à d’autres éléments : sulfate d’ammoniaque, ammonitrate soufré, solution azotée soufrée, kiesérite, etc. (Les principaux engrais soufrés utilisables sont consultables sur le site Internet de Terres Inovia www.terresinovia.fr). Les formes de soufre minéral S ne sont pas conseillées car leur efficacité est trop irrégulière. Si leur effet fongicide ou physiologique a pu être démontré, leur action nutritionnelle directe reste très faible en colza.

Ségolène Plessix – Terres Inovia


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