Élevage

Soigner les onglons sans lever le pied sur la production

Suite à quelques éleveurs retours de baisse de lait avec le parage, BCEL Ouest a mené l’enquête. L’impact s’avère très modéré.

« Contention, nouvel intervenant, changement des habitudes, manipulation… Le moment du parage, même s’il est bénéfique, peut constituer un stress potentiel pour les vaches », démarre Yannick Saillard, vétérinaire à BCEL Ouest. « Et il est arrivé que nous ayons des remontées du terrain faisant état d’une baisse de production laitière suite au passage des pédicures. »

Baisse de lait modérée le jour du chantier

Pour en avoir le cœur net, une étude a été lancée en 2019 sous la houlette du stagiaire Vincent Conq. Ce dernier a d’abord suivi des pareurs en tournée. Puis il a pris contact avec 56 élevages travaillant en système de traite robotisée ou équipés de compteurs à lait. « L’intérêt était de disposer de la quantité de lait quotidienne collectée par animal. » L’évolution de la production journalière a ainsi été étudiée sur les 10 jours précédant et les 10 jours suivant un chantier de parage significatif (au moins 50 % des animaux parés en une demi-journée).
« Nous avons mesuré en moyenne une baisse de lait de 2,5 %, le jour du chantier, à l’échelle d’un troupeau.

À titre d’exemple, pour un cheptel de 70 vaches donnant 30 L de lait quotidiens, cela correspond à une perte totale de 53 L, soit environ 16 €, au global. C’est très modéré et donc rassurant », estime Yannick Saillard. En système de traite automatisée, cette baisse de production, alors que les vaches sont mobilisées, est ainsi à relier directement avec la baisse de fréquentation des stalles qui passe 2,5 à 2,4 traites par jour. « La quantité de lait revient à la normale dès le 2e jour après parage. Il arrive même qu’il y ait un petit rattrapage le 3e jour, un peu comme l’effet observé suite à la suppression de la traite du dimanche soir… » Ensuite, tout rentre dans l’ordre.

Limiter le temps de blocage des vaches

« Néanmoins, dans certains élevages, la baisse de production s’est avérée plus durable – sur 4 ou 5 jours – ou plus marquée », rapporte le vétérinaire. Le chargé d’étude a pu identifier, dans ces cas-là, certains éléments expliquant cet impact plus fort. Il y a par exemple l’incidence d’un stress plus important lors du parage chez les animaux mais également chez l’éleveur. « L’entrée des vaches dans la cage devient alors plus laborieuse. » De même, un blocage trop long des animaux sans accès à la table d’alimentation, à l’eau ou au couchage, ainsi qu’aux stalles en système robotisé, a ensuite des conséquences sur la forme et la production. Cette étude a ainsi permis d’élaborer des recommandations importantes dans l’approche du chantier de parage afin de limiter son impact.

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