Élevage

«J’étais plus psychologue que vétérinaire»

Jos Schillebeckx, vétérinaire belge, a témoigné au Congrès de l’AFMVP (vétérinaires porc) à Rennes (35), sur des difficultés du terrain suite à la découverte de la peste porcine africaine.

“Lorsque le premier cas a été détecté le 13 septembre 2018 à l’Université d’Etalle, le laboratoire d’autopsie a été fermé, le personnel a été mis au chômage pendant 14 jours et les étudiants n’ont pas pu quitter la ville. La presse s’est emparée de l’affaire très rapidement, avant que nous, vétérinaires de terrain, n’ayons eu le temps de réagir. Tous les éleveurs nous appelaient… Des mesures ont été prises rapidement : abattage des porcs dans la zone « noyau », interdiction de transport, fermeture de la frontière allemande… Dans les zones périphériques où les porcs n’ont pas été abattus, il y a eu des conséquences indirectes, notamment sanitaires (surdensité dans les élevages) car le flux des départs était perturbé. Après quelques semaines, les éleveurs, en difficulté financière, ont cessé de vacciner, de vermifuger, ont acheté des aliments les moins chers. Il n’y avait aucune mesure de compensation financière. Nous, nous étions plus psychologues que vétérinaires. Nous nous sommes également retrouvés en difficulté, avec des stocks de vaccins, d’autovaccins et de produits divers.”

Responsabilité accrue

“Actuellement, il y a beaucoup de vieilles truies dans ces élevages par manque de renouvellement. Les problèmes sanitaires sont toujours très importants. Quand plusieurs animaux sont malades, nous devons faire des prélèvements sanguins sur chacun d’eux pour une recherche virologique en laboratoire (prise en charge par l’État). En cas de mortalité, c’est le cadavre qui doit être acheminé pour autopsie. Le tout dans des règles sanitaires strictes. Tous les élevages seront désormais diagnostiqués annuellement au niveau de la biosécurité. C’est une mesure obligatoire qui prend 3 à 4 heures. Nos rapports administratifs sont longs et nous avons une responsabilité accrue. Il faut se blinder au niveau assurance car s’il y a un défaut dans le diagnostic…” Propos recueillis par Bernard Laurent

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