Élevage

Ovin : De la productivité pour réduire son empreinte carbone

La filière ovine souhaite communiquer sur son « image verte », quels que soient les systèmes.

Les pratiques des éleveurs ovins qui présentent un impact favorable à la fois pour l’environnement et pour le revenu sont nombreuses. Et même s’il reste des marges de manœuvre pour continuer à évoluer, « on ne communique pas assez sur ces sujets. » C’est ainsi qu’a introduit Jean-Paul Rault, élu Inn’Ovin, la conférence ovine proposée cette année lors du Space 2019.

Les prairies, un atout

Comme tout ruminant, l’élevage ovin est producteur de gaz à effet de serre. 54 % proviennent de la fermentation entérique, « avec une forte variation entre individus liée à l’efficience alimentaire », explique Laurence Sagot, de l’Institut de l’élevage. Mais l’herbe pâturée ou conservée représente 83 % de la ration annuelle d’une brebis et sa suite. Les prairies sont un atout dans la compensation des émissions de gaz à effet de serre (GES) par le stockage du carbone et la contribution à la biodiversité. Et une prairie qui produit est une prairie qui stocke plus… Ainsi, l’empreinte carbone varie de 0 à 8 kg équivalent CO2/kg de viande vive. Toute conduite qui améliore la productivité des brebis réduit l’empreinte carbone de l’élevage. « Il s’agit d’une dilution, puisque les critères environnementaux qui illustrent les pratiques ont pour diviseur des kilos de viande produits », précise-t-elle. 15 pratiques courantes vertueuses ont été décryptées.

Exemple, avoir des brebis en bon état à la mise à la reproduction et à l’agnelage induit une meilleure fertilité, plus de prolificité et moins de mortalité. Avec à la clé, un gain de 24 €/brebis, et une baisse des GES de 6,9 % et 6,5 % en énergie. Un tri judicieux des agnelles (via la génétique, un poids vif équivalent à 2/3 du poids adulte à la mise à la lutte…) augmente le revenu de 7 €/brebis. Il en est de même pour la pratique du constat de gestation : ne pas garder des individus improductifs induit 8,7 €/brebis de revenu supplémentaire et réduit de 12 % la consommation d’énergie par la réforme ou en limitant la distribution de concentrés.

La moitié des concentrés utilisés en ovins viande est destinée aux agneaux. En conséquence, une moindre dépendance aux achats d’aliments a des impacts positifs sur l’environnement : incorporer un protéagineux dans un mélange fermier, finir ses agneaux à l’herbe avec un apport de concentrés, faire pâturer ses couverts végétaux par les agneaux en finition… Pour les brebis, la lactation est le stade le plus exigeant en matière de besoins alimentaires : le recours à de bons fourrages, locaux, présente des atouts environnementaux, tout comme maximiser le pâturage durant l’hiver, ou à l’automne pour les gestantes, est économique.

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