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L’effet fongicide de certains couverts végétaux

Les moutardes libèrent des substances fongicides naturelles qu’il faut enfouir quand la plante est en pleine floraison.

Les couverts courts entre 2 céréales doivent répondre à 3 objectifs, à savoir « fertiliser, créer une rupture sanitaire et continuer à nourrir le sol », rappelle Jean-Luc Le Bénézic, agronome chez Triskalia. Le conseiller intervenait lors d’une présentation d’une parcelle d’essai menée conjointement avec la Chambre d’agriculture. Objectif : observer l’effet de différentes espèces végétales implantées entre un blé et une orge.
Sur cette parcelle appartenant à Eric Donval, agriculteur de Loc-Eguiner, le blé a été récolté en début août. « Les pailles ont été enlevées rapidement, le semis au combiné après un passage de chisel a été réalisé au 7 août », témoigne l’agriculteur.

Utiliser les glucosinolates

Certains essais sont composés de moutarde blanche ou brune, en pleine floraison en fin de semaine dernière. « Un couvert végétal en pleine floraison aura donné tout ce qu’il a. C’est pourquoi il faut les plaquer au sol à ce stade ». Les moutardes ont la particularité d’émettre des glucosinolates, aux multiples vertus : ces substances très volatiles « s’attaquent au piétin verse, au piétin échaudage, au rhizoctone. Ce peut être un fongicide naturel en préventif s’il est broyé et immédiatement incorporé au sol, à 3 ou 5 cm de profondeur ». Les moutardes ont l’avantage de démarrer rapidement et d’avoir un cycle de vie court. Son coût d’implantation est aussi modéré. Un sol couvert « est un sol qui draine. Les engins peuvent plus facilement passer dessus, les sols sont portants », explique Jean-Luc Le Bénézic. Un plaquage au sol en pleine floraison a enfin l’avantage de dégrader plus rapidement le couvert avant qu’il ne soit trop ligneux et qui aura alors un C/N plus élevé.

Débobinage rapide de l’azote
Cécile Goupille, conseillère à la Chambre d’agriculture, rappelle que les couverts courts n’ont pas forcément vocation à fertiliser au bon moment la culture suivante. « Ces couverts peuvent débobiner rapidement leur azote alors que la céréale n’en aura pas forcément besoin ». Ce débobinage est d’autant plus rapide que le couvert est détruit tôt.
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