CulturesFinistère

Couverts végétaux : Produire et trier ses propres graines

Gildas Benoit produit entre autres des graines de phacélie, une culture simple et délicate à la fois, qui nécessite un sévère triage pour pouvoir être ressemée.

En service depuis l’automne dernier, le trieur fixe de la SCEA de Kerveguen est capable de nettoyer et de séparer toutes les espèces végétales. « J’ai toutes les grilles pour aussi bien trier du ray-grass que de la phacélie », explique Gildas Benoit, agriculteur installé à Scrignac. La machine du fabricant Marot répond à des besoins en graine, notamment pour des couverts végétaux, car la France ne produit quasiment plus de semence de phacélie. « Tout vient de Pologne », explique le trieur. Depuis juillet 2020, les semences paysannes sont autorisées à la vente aux particuliers. Une possibilité dans laquelle Gildas Benoit s’est engouffré en créant une marque, « Les Graines du Trégor ». Des petits sachets de phacélie, de féverole ou d’un mélange des 2 espèces sont proposés à la vente dans les jardineries.

Une phacélie semée en avril

Sur la machine de triage, l’élévateur à manutention douce est composé de cuillères, « pour ne pas casser les grains comme pourrait le faire une vis sans fin ». Doté de 4 grilles, le trieur est capable de séparer 3 espèces (par exemple un méteil de féverole, blé, avoine). Pour un travail de qualité, la machine travaille à une cadence de 2 t/heure. Gildas Benoit propose ses services en souhaitant toucher « les agriculteurs chez qui un trieur mobile ne se déplace pas, faute de volume ». Dans sa prestation et dans une certaine limite kilométrique, il propose de venir chercher les big-bag de graines pour les nettoyer, avant de les ramener chez le client.
Sur la ferme du Finistérien, la phacélie occupe la place d’une culture à part entière dans la rotation. Elle est semée à la mi-avril pour une récolte de la graine en août. « Il n’y a aucun désherbage, aucune fertilisation. Il faut en revanche un bon démarrage ». La densité de semis joue un rôle important dans la réussite de l’implantation : trop dense et la culture risque de verser, trop claire et les adventices viendront la concurrencer. « Je sème entre 9 et 11 kg/ha suivant les terrains », tranche le producteur. À la moisson, la phacélie a un rendement en graine de 7 q/ha.

Attention aux repousses
Si la récolte de cette phacélie est très délicate, les grains tombés au sol à la moisson ne germeront pas « s’ils sont laissés à la lumière : la graine de phacélie ne pousse que si elle est dans le noir ». L’an passé, un colza a été semé après la récolte de cette plante aux fleurs violettes, après un léger travail du sol. Les repousses ont alors été très nombreuses, mais ont été détruites par le gel de cet hiver. « Les repousses peuvent être très importantes, il faut imaginer qu’elles correspondent à un semis de 50 kg/ha… ». Dans le futur, l’agriculteur pense laisser ces repousses pendant tout l’hiver en couverture des sols pour implanter un maïs au printemps suivant. À la belle saison, les abeilles adorent butiner les nombreuses fleurs de cette culture. « C’est une plante très mellifère, qui a re-rempli les ruches d’un voisin dont les populations étaient en déclin », a pu observer Gildas Benoit dans des parcelles où les insectes pollinisateurs grouillaient.
Mots-clés

Peut vous intéresser

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer