CulturesEnergies et environnementFinistère

Couvert végétal : avantage pour les mélanges d’espèces

La plate-forme d’essai de couverts végétaux de Plouigneau a fait l’objet d’une visite pour visualiser l’effet structurant des racines, et pour interpréter les résultats des mesures de reliquats azotés.

La période hivernale avec des températures basses a détruit une bonne partie des couverts végétaux gélifs. Dans un essai mené par la Chambre d’agriculture et le bassin versant du Trégor, c’est aujourd’hui l’heure du bilan. Avec différentes espèces semées soit au 22 août, soit au 9 septembre, des mesures de biomasse et de quantité d’azote pompé ont été réalisées.

Le mélange a du bon

Cécile Goupille, en charge de suivre les effets de ces couverts à différentes vocations rappelle que « l’intérêt de mélanger les espèces est de pouvoir bénéficier de différents types de racines. Les racines fasciculées de l’avoine plongent jusqu’à 50 cm de profondeur et sont complémentaires du pivot de la vesce. L’autre intérêt de ce mélange réside dans l’effet de pompage d’azote de la graminée, plus important que la légumineuse ». En revanche, avec un rapport C/N inférieur, cette dernière restituera plus rapidement ses éléments nutritifs à la culture suivante. « Suivant le type de couvert et sa date de destruction, la quantité d’azote libérée va osciller entre 0 et 30 % de l’azote absorbé par une crucifère ou une graminée. Un couvert très ligneux en fin de cycle sera beaucoup plus long à débobiner ses matières. Pour la légumineuse, l’azote disponible pour la culture suivante se chiffre entre 0 et 60 unités », note la conseillère de la Chambre d’agriculture.

Les radis chinois ont montré un intérêt sur l’effet structurant du sol, avec un pivot qui descend profondément.
Les radis chinois ont montré un intérêt sur l’effet structurant du sol, avec un pivot qui descend profondément.

Objectif RSH faible

En plus des facultés des couverts à structurer le sol, de produire un fourrage pour les animaux ou encore d’améliorer les rotations, la vocation de ces espèces implantées est de pomper l’azote présent dans les sols en période de drainage et limiter ainsi leur fuite. « Nous avons mesuré des reliquats d’azote avant période de drainage plus faibles pour les couverts ayant été semés tôt, de l’ordre d’une quinzaine d’unité de moins que celui semé au 9 septembre. Au 10 février, certains mélanges ont des reliquats plus importants, comme le mélange avoine / féverole / tournesol, plus proche de 50 unités, la moyenne des mesures s’établissant à 30 unités. Ces reliquats plus importants que l’objectif de 10 unités s’expliquent par la libération d’azote des plantes très sensibles au froid, comme le tournesol qui a entièrement disparu, ou encore par l’effet de la légumineuse qui fixe l’azote de l’air, l’espèce restante ne pouvant pas valoriser tout l’azote du sol restant ».

La plate-forme a livré ses secrets et mis l’accent sur l’intérêt des mélanges : une moutarde seule couvre le sol rapidement à l’automne, mais se salit plus rapidement en sortie d’hiver, car les tiges restantes de la plante laissent la place aux adventices. À l’inverse, la phacélie laisse un sol propre une fois détruite par le gel. Il est aussi à noter que les faibles précipitations de l’hiver n’ont pas emporté les éléments azotés, les reliquats en sortie hiver sont donc plus importants cette année.

Différentes productions de matières sèches
Selon les résultats de l’essai, les couverts ayant produit le plus de t MS/ha et absorbé le plus d’azote sont les mélanges phacélie / radis, phacélie / radis / tournesol et avoine féverole, avec près de 5 t MS / ha produit. Les ray-grass / trèfle incarnat et les ray-grass / trèfle violet ont produit très peu de biomasse, car semés en conditions très sèches.
Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer