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Viande bovine : Une meilleure valorisation en bio

La SCEA Élevage Gougeon à Vaiges en Mayenne (53) a débuté son passage en bio en 2016. Sans grands changements, des ajustements culturaux et animaux ont été nécessaires.

« Quand je me suis installé sur la ferme familiale, le système était déjà rodé. Les charges opérationnelles étant bien maîtrisées, le gain économique ne pouvait se faire que par les produits. Nous étions proches du bio, avec un usage modéré des produits chimiques et une autonomie alimentaire sur nos bovins, sauf sur l’atelier taurillons qui utilisait pas mal de concentrés. L’appui de nos voisins ayant des systèmes bio qui fonctionnent nous a aidés à franchir le cap du bio », relate Quentin Gougeon qui a rejoint son père Dominique sur l’exploitation en 2014, sans agrandissement de structure. Le système en race charolaise a été présenté lors d’une porte ouverte sur l’exploitation fin juin, organisée par la Chambre d’agriculture et Seenovia (conseil en élevage).

Réduction du chargement

Le passage en bio, démarré en 2016, a entraîné l’arrêt de la production de taurillons et une réduction du nombre de vaches allaitantes, de 75 à 63 aujourd’hui. Le chargement a baissé pour atteindre 1,16 UGB/ha de SFP. Au niveau des cultures, des prairies temporaires ont été ajoutées dans les rotations et les surfaces en blé ont été diminuées pour implanter d’autres céréales.

1 € en plus par kg de carcasse

Autre évolution depuis 2018 : « Nous avons commencé à engraisser des bœufs : une dizaine est en production actuellement. Nous souhaitons valoriser tous nos animaux en bio. Ce n’est pas le cas des broutards actuellement. L’objectif est d’avoir des bœufs finis à 30 mois. Ces animaux seront proposés aux bouchers à la place des génisses. Et le nombre de vaches pourrait être réduit », expliquent les éleveurs. Actuellement, les animaux sont commercialisés via Unebio (société commerciale dédiée au bio gouvernée par des éleveurs) et à la boucherie Au fil de l’herbe qui fournit notamment les 3 Biocoop de Mayenne. En bio, le prix est supérieur de 1 €/kg sur les femelles.

Les producteurs ont fait le choix d’une conversion simultanée végétaux – animaux qui dure 24 mois. En production allaitante, c’est une option plus judicieuse car en conversion non simultanée, les bovins doivent respecter la règle des ¾ de vie. Par exemple, si un bovin entre en conversion non simultanée à l’âge de 5 ans, il ne pourra être valorisé en bio qu’à l’âge de 20 ans, soit les 3/4 de sa vie en conversion.
Le cahier des charges bio en bovins viande demande un minimum de 60 % de la ration annuelle produits sur la ferme. Au moins 60 % de la MS composant la ration journalière provient de fourrages grossiers frais, séchés ou ensilés. Par ailleurs, l’alimentation repose sur une utilisation maximale du pâturage. L’utilisation de médicaments allopathiques chimiques de synthèse ou d’antibiotiques est interdite en traitement préventif.

Cultures diversifiées

En plus de la production allaitante, la ferme compte 3 poulaillers de Loué, en bio également. La SAU de 150 ha comprend notamment 76 ha de prairies permanentes, 22 ha de prairies temporaires, 18 ha de blé, 20 ha de mélanges de cultures, 3 ha d’avoine, 2,5 ha de betterave, 7 ha de maïs. L’élevage emploie au total 2,2 UMO (unité de main-d’œuvre), dont un salarié qui travaille à 30 % sur l’exploitation. 1,8 Smic est dégagé par UMO.

Gros potentiel génétique
L’exploitation dispose d’un excellent potentiel génétique avec un Isevr de 104,5 sur l’ascendance maternelle en 2018 contre 88,2 en moyenne de race charolaise. Ces dernières années, l’accent a été mis sur les qualités maternelles, en particulier le lait, amenant à un Ivmat de 106,4 (moyenne à 98,4). Les vêlages se font en deux périodes. Sur les vêlages d’automne, 50 % d’IA sont réalisées pendant un mois. Sur la dernière campagne, 24 % des veaux sont nés d’IA et le nombre de veau sevré/VA présente atteint 0,93. Chaque année, les éleveurs vendent des reproducteurs. Plusieurs mâles utilisés dans le schéma de sélection sont issus de l’élevage : Bravo, Docile, Galon et Jasmin. Pour leurs achats, les éleveurs vont sur le site de vente de reproducteurs génotypés d’Evolution. Il est ainsi possible de connaître le statut des animaux sur plusieurs gènes : DEA, ataxie, blind, gène culard, sans cornes.
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