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Détection des chaleurs et des vêlages grâce aux capteurs

Courants en élevage laitier, les détecteurs de vêlages et de chaleurs sont plus rares en allaitantes. Leur intérêt premier est le gain de temps, comme en témoignent les associés de la SCEA Chapelain – Avril à Lamballe (22).

« Notre confort de travail s’est nettement amélioré avec le système de détection des vêlages », apprécie Pierre-Emmanuel Avril, un des trois associés de la SCEA qui gère un troupeau de 99 mères limousines toutes inscrites en sélection. « Il y a un an, nous avons investi dans 8 appareils SmartVel qui détectent les vêlages dans un rayon de 500 m autour de l’antenne (pour 4 000 € de coût total d’équipement). Ils sont scotchés sur la queue de l’animal en une minute. Je les place de 10 jours à quelques heures avant la prévision de naissance. »

Trois veaux sauvés en un an

Sur l’exploitation, les vêlages sont groupés. « Les trois quarts sont réalisés entre le 15 août et début novembre. Sur cette période auparavant, nous nous levions toutes les nuits… Aujourd’hui, nous sommes prévenus par SMS et appel téléphonique, dès que la poche des eaux sort, environ 2 heures avant le vêlage pour une vache, environ 3 heures pour une génisse. »

Si le vêlage n’est toujours pas fini, un 2e appel intervient 2 heures après le 1er. « En général, nous sommes venus voir avant si tout se passe bien. Je laisse les appareils pendant 10 heures après l’arrivée du veau. En cas de problème de délivrance ou autre, je suis aussi prévenu. » Avec cet équipement, « on ne se lève plus pour rien. Et en un an, il nous a permis de sauver trois veaux », constate Pierre-Emmanuel Avril.

En période de naissances, « nous pouvons quitter l’exploitation, travailler dans les champs… Nous sommes toujours prévenus de la préparation d’un vêlage », ajoute Tanguy Chapelain. En connaissant précisément le début du travail de vêlage, « nous intervenons de manière très ponctuelle. »

Detecteur-velage
Les détecteurs de vêlages sont laissés 10 heures après l’arrivée du veau, pour être prévenu en cas de problème (délivrance…).

Détection des chaleurs et santé

Depuis mi-octobre, l’élevage utilise aussi le dispositif Heatime Pro qui fonctionne sur ordinateur et permet la détection des chaleurs ainsi que le suivi de la santé via la rumination. « Nous avons été équipés par France Limousin Sélection (FLS) dans le cadre d’un programme d’amélioration génétique sur la reproduction auquel participent 30 fermes en France. » Le coût de ce matériel est de 180 €/collier et de 1 600 € d’antenne.

« Nous disposons de 75 colliers qui sont placés sur les vaches après vêlage et qui permettent de surveiller les cycles. » Ces dernières doivent passer au moins 20 min dans la journée à moins de 500 m de l’antenne située dans le bâtiment. Pour cela, les éleveurs ont modifié leurs points d’eau. « Nous commençons les IA à partir de 40 j après vêlage. Un pic d’activité et une baisse de rumination sont constatés lors des chaleurs. Parfois, le détecteur me permet de confirmer une chaleur vue, parfois il est le seul à l’avoir repérée. »

« Pas plus de 5 minutes par jour »

Auparavant, l’éleveur consacrait une heure le matin et une autre l’après-midi à la détection des chaleurs, pendant les deux mois dédiés à l’IA, de début novembre à fin décembre. « C’est un gain de temps considérable… » Car aujourd’hui, le travail se limite à la consultation de l’ordinateur chaque matin et à la saisie des données de reproduction (qui servent aussi à FLS pour le schéma de sélection) : « Pas plus de 5 minutes par jour ». Des échographies sont réalisées tous les 15 j sur l’élevage pour confirmer les gestations.

Passer de 40 à 80 % d’IA
« Le détecteur de chaleurs va nous permettre d’augmenter la part d’IA sur l’élevage en prolongeant la période d’insémination, et de progresser encore sur la génétique. Nous souhaitons passer de 40 % de veaux nés d’IA sur la dernière campagne à 80 %. » Chaque année, la SCEA Chapelain – Avril fournit entre 12 et 20 veaux mâles à la station de contrôle de performances de Lanaud. 15 à 20 reproducteurs sont vendus en direct, dont les 3/4 à l’export : Hollande, Belgique, Espagne… Des génisses et quelques vaches sont également vendues pour la reproduction.
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