Energies et environnementIlle-et-Vilaine

La micro-méthanisation au service de l’élevage laitier

Loïc et Christine Jouan, de La Nouaye (35) réfléchissent depuis quelques années à un projet en lien avec les énergies renouvelables. L’installation d’Alexis et Charlène, leurs fils et belle fille, va permettre de concrétiser cette diversification : c’est la micro-méthanisation qui sera choisie, pour sa simplicité et sa complémentarité avec l’élevage laitier.

Ici, pas de grand dôme visible de loin. Pour voir l’unité de méthanisation, il faut se rendre à l’arrière de la stabulation, près de la fosse de stockage. L’installation, proposée par Cultivert et fournie par la société Biolectric France, est composée d’une cuve de 13 m de diamètre et d’un container contenant deux moteurs de cogénération de puissance électrique 11 et 22 kW. L’ensemble est très compact puisque l’emprise au sol ne dépasse pas 350 m2.

Valoriser le lisier frais

À raison de 7 raclages automatiques par jour, le lisier des 130 vaches laitières alimente une préfosse au bout de la stabulation. La ration est donc composée d’environ 10 m3 de lisier bovin frais, complété d’un faible volume de lisier de canard. Enfin, l’ajout d’un peu de fourrage (bords de silo, refus…) vient compléter la ration. La conception de la préfosse et la présence d’un brasseur immergé permettent de pomper un mélange homogène vers le digesteur.
« Avant d’avoir la méthanisation, le lisier de canard était vidangé à la fin de chaque bande », explique Loïc Jouan. « Aujourd’hui, nous vidangeons en cours de bande pour mieux valoriser le potentiel méthanogène du lisier ». Le lisier de canard est ainsi stocké dans une fosse à part et envoyé chaque jour dans la préfosse du lisier bovin.
« L’ajout de lisier de canard permet de diluer le lisier bovin et de compenser le temps de pâturage, même si les vaches sont très souvent en bâtiment », indique l’éleveur.
En fonctionnement depuis octobre 2018, l’unité produit quotidiennement environ 650 kWh d’électricité et au moins autant de chaleur, sous forme d’eau chaude. Cette énergie thermique provient des deux blocs moteurs et des gaz d’échappement.

Une demi-heure de travail par jour

Grâce aux aides du plan Biogaz Bretagne, des travaux vont être engagés pour valoriser l’eau chaude excédentaire sur le bloc traite et vers une maison d’habitation. « Il a fallu trouver les bons réglages au départ mais aujourd’hui, nous avons atteint un régime stable et nous connaissons très bien notre installation », affirme Loïc Jouan. « Le côté pratique, c’est que nous pouvons faire des réglages et démarrer les moteurs depuis un smartphone. Cela évite de venir systématiquement sur place ». De plus, un service d’assistance téléphonique, joignable du lundi au vendredi, permet de diagnostiquer rapidement les pannes.

Au quotidien, ce sont principalement Loïc et Alexis qui s’occupent de cette nouvelle activité. « Il faut compter en moyenne une demi-heure de travail par jour », estime Alexis, « essentiellement de la surveillance et l’alimentation de la préfosse. A cela, il faut rajouter 1 heure pour la vidange des moteurs toutes les 6 semaines et environ 2 heures par mois pour l’entretien », précise Loïc.
Suite aux réglages et optimisations des premiers mois, l’efficacité de l’installation atteint le prévisionnel. Loïc résume les chiffres : « Chaque jour, pour 140 euros d’électricité vendue, 75 euros environ sont à déduire pour l’entretien et le remboursement des prêts ». A cela s’ajoutent les économies à attendre sur le budget engrais et chauffage de la maison d’habitation.

Le digestat, un produit prometteur

« Par rapport aux années précédentes, le maïs est bien parti et les prairies sont plus belles que l’année dernière à la même époque », observe Christine Jouan, à propos des effets agronomiques du digestat. Ce printemps, 20 ha de prairies n’ont été fertilisées qu’en digestat, en un ou deux passages. Les parcelles de maïs ont reçu un apport avant le semis.
Au rang des avantages du digestat, par rapport au lisier, les éleveurs observent aussi que la fosse est plus homogène et qu’il n’y a quasiment pas d’odeurs à l’épandage. Le Gaec va d’ailleurs couvrir la géomembrane afin de limiter la volatilisation de l’azote et ainsi conserver tout le potentiel du produit.

Contacts Cultivert
  • Landerneau : Pierre Leroy – 06 63 37 20 44
  • Carhaix et Quimper : Jacques Cosmao – 06 63 33 31 97
  • Quimperlé et Pontivy : Fabrice Bernard – 06 30 42 13 06
  • Lamballe : Patrick Briens – 06 63 33 46 72
  • Guingamp et Mûr de Bretagne : Julien Amiry – 06 72 56 59 08
  • Combourg : Gurvan Talvas – 06 22 44 39 47
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