Economie, marchés et gestion

La Safer Bretagne championne de France de l’installation

En 2018, la Safer Bretagne a revendu près de 2 000 ha de terres pour favoriser l’installation de 95 agriculteurs.

« Nous avons comme rôles principaux la protection du foncier agricole, la maîtrise de son prix et l’accompagnement pour favoriser le renouvellement des générations », rappelle Jean-Paul Touzard, président de la Safer Bretagne. La défense de la nouvelle loi foncière est une priorité pour éviter les montages sociétaires et les cessions de parts sociales qui empêchent certaines installations de jeunes agriculteurs. « En 2018, nous avons eu 460 informations de cessions de parts sociales venant des notaires et des centres de gestion. Nous pouvons préempter que si 100 % des parts sociales sont cédées, et ce n’est jamais arrivé. L’idée est de mettre en place un droit d’opposition sur les transferts de parts sociales pour pouvoir réguler plus justement lorsqu’il est question de foncier. Le marché des terres libres est siphonné par ces cessions de parts sociales », déplore Thierry Couteller, directeur de la Safer Bretagne.

50 000 ha ont changé de main en 2018

En 2018, ce sont 50 000 ha de terres qui ont changé de main en Bretagne. Le marché foncier agricole représente 34 447 ha soit près de 70 % du marché foncier total. « On dénombre 1 104 donations de terres qui représentent 7 178 ha. Ce chiffre montre bien l’attachement qu’ont les familles bretonnes à leurs terres », fait remarquer Thierry Couteller. Sur ce marché du foncier, les acquisitions de la Safer sont de 5 333 ha, soit 11 % du marché foncier total. La Safer a préempté 185 fois (75 avec révision de prix) pour 634 ha, ce qui ne représente que 0,6 % des transactions intervenues en Bretagne en 2018. « Un chiffre qui prouve que nous ne sommes pas des “ empêcheurs ” comme certains disent », commente le directeur de la Safer.

222 exploitations améliorent leur parcellaire

La Safer a rétrocédé 5 541 ha en 2018. Ce sont 1 994 ha, soit 41,5 %, qui ont été revendus en faveur de l’installation de 95 agriculteurs. « Nous sommes la 1e Safer de France en termes d’installation », se réjouit Thierry Couteller. 2 000 ha ont été revendus en faveur de 215 agrandissements et pour l’amélioration du parcellaire. 33 % des agrandissements en nombre et en surface (648 ha) favorisent une installation récente ou préparent une installation à venir. « Dans une région caractérisée par un fort morcellement des exploitations agricoles, nous avons contribué en 2018 à l’amélioration parcellaire de 222 exploitations (750 ha) en attribuant une surface de moins de 5 ha, mais contiguë à leur parcellaire. » L’agriculture biologique et les circuits courts ne sont pas en reste. 120 projets bio et 104 projets en circuits courts ont été accompagnés par la Safer. La surface revendue en faveur du bio s’élève à 994 ha pour 2018, soit 20,7 % des surfaces revendues pour la mission agricole de la Safer. « 100% des terres acquises en bio ont été maintenues dans ce mode de production. »

5 010 €/ha en moyenne en Bretagne
La Safer joue un rôle important en matière de régulation du prix des terres agricoles. En Bretagne, il faut débourser en moyenne 5 010 € pour acquérir un hectare de terre. La moyenne nationale est à 6 010 €/ha. Ces dernières années, le prix des terres progresse plus rapidement dans les Côtes d’Armor que dans les autres départements bretons. Le prix se situe à 5 240 €/ha dans les Côtes d’Armor, contre 4 940 € /ha pour le Finistère, 4 850 €/ha pour le Morbihan et 4 990 €/ha pour l’Ille-et-Vilaine. « On peut l’expliquer, en partie, par la zone légumière qui tire le prix du foncier vers le haut. Sur le secteur légumier l’hectare de terre se négocie rarement en dessous de 7 500 €. »
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