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Couverts végétaux : choisir et réussir son interculture

Les couverts végétaux sont aujourd’hui une culture à part entière pour bon nombre d’agriculteurs. En effet, cette interculture engendre bien des bénéfices, à condition de la réussir. Tour d’horizon des clés du succès.

Les objectifs premiers des couverts étaient de piéger les reliquats d’azote post-récolte pendant l’hiver (pour les Cipan : Culture intermédiaire piège à nitrate) et de limiter l’érosion. D’autres intérêts sont aujourd’hui
prouvés : les couverts limitent le salissement des parcelles, participent fortement à l’augmentation du garde-manger du sol, ont un effet sur la culture suivante, etc. Et ce à la condition que l’interculture soit développée et composée d’espèces adaptées.

Rapidité d’implantation

Afin d’assurer une bonne levée, notamment pour les petites graines, il faut profiter de l’humidité résiduelle de la culture précédente pour implanter son couvert. De plus, les journées de juillet-août présentent des cumuls de températures et de durée d’ensoleillement bien supérieurs à septembre. Le développement des espèces semées à cette période sera donc plus rapide. Un bon rappuyage du sol favorise également une levée rapide et régulière des espèces. Le semis doit donc être soigné.

Espèces adaptées au sol

Il faut bien choisir ses espèces selon le niveau de matière organique des sols. Dans les sols avec des niveaux hauts, rapport C/N (carbone/azote) élevé, mieux vaut s’orienter vers des couverts avec des C/N faibles à moyens. Ces derniers fourniront un humus labile, plus facilement utilisable pour la culture suivante. À l’inverse, dans les sols à C/N faible, l’objectif sera de les enrichir en matière organique avec des couverts ayant des C/N élevés (plus riches en fibres). Leur restitution directe sera donc plus lente.

Les associations d’espèces ont aussi prouvé leur intérêt. Pour ce qui est de la partie visible, nous chercherons des espèces produisant beaucoup de biomasse avec des ports érigés, mais aussi des plantes plus prostrées afin d’assurer la couverture du sol. Au niveau souterrain, l’objectif est de travailler les différents horizons. Seuls les mélanges y arriveront, avec le recours à différents systèmes racinaires (pivotant et fasciculé). Les légumineuses, autorisées à hauteur de 20 % du mélange en Bretagne, ont également un bon effet symbiotique dans les associations d’espèces et permettent de bonnes restitutions aux cultures suivantes.

Facilité de destruction

L’utilisation d’espèces gélives facilitera la destruction de l’interculture. De même, plus les couverts sont semés tôt et sont développés, plus ils sont aisés à détruire. Les jours de gel hivernaux sont de bonnes opportunités pour rouler les couverts. Le roulage permettra d’entamer leur dégradation en vue d’une meilleure valorisation pour la culture suivante. En sortie hiver, un scalp à grande vitesse en surface des parcelles (3-8 cm) finalisera leur destruction, à l’aide par exemple d’un outil à dents.

Les couverts en agriculture biologique
Pour renforcer la fertilité des sols en agriculture biologique, le mélange Chlorofiltre Mix + est particulièrement adapté. L’association de l’avoine, de la phacélie, du radis, de la vesce et du trèfle d’Alexandrie combine des espèces à biomasse et systèmes racinaires variés pour une bonne couverture et structure du sol. La présence de 20 % de légumineuses permet de restituer de l’azote au sol. Bien développé, le couvert est sensible au gel. Selon le positionnement et le système, d’autres compositions peuvent être adaptées, comme le Chlorofiltre DF New. Vendus en 2018, ces couverts ont largement satisfait leurs utilisateurs. Pour Frédéric Gazan, technicien en agriculture biologique, « avec un automne et hiver particulièrement doux en 2018, le couvert Mix + a montré tous ses effets positifs de couverture de sol.».

Pierre Cougard / Triskalia

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