CulturesMachinisme et équipements

Les robots désherbeurs travaillent toujours plus près

Les robots désherbeurs gagnent en précision et en autonomie. Ils s’apprêtent à effectuer d’autres missions dans les champs, comme le souligne Philippe Michard, de la société Maviho solutions.

Ils sont désormais au nombre de 100 à travailler chez des maraîchers français, en centre technique ou dans des stations expérimentales. Eux, ce sont les petits robots Oz, de la société Naïo Technologies, qui viennent à bout des mauvaises herbes dans les cultures sous abri ou en plein champ. « Oz évolue en performance de guidage et en autonomie », explique Philippe Michard, gérant de Maviho solutions, entreprise basée à Sarzeau (56) et distribuant la marque de robots désherbeurs. Afin de travailler toujours au plus près de la plante, des mises à jour, à raison de 1 à 2 fois l’an, sont effectuées sur les robots. Si les capacités d’embarquement de batteries sont limitées par le petit gabarit de Oz, l’autonomie est également constamment améliorée, pour passer à plus de 10 heures de travail par jour, en conditions idéales. Le petit robot laisse libre courts à l’imagination pour l’outillage positionné qui peut aller de socs de binage à des herses étrille, des rasettes à brosse qui, par une action de chaussage, étouffent les adventices sur le rang en les privant d’air et de lumière.

Nettoyer les rangs

Grand frère de Oz, Dino, mis en service en présérie, est présent sur le territoire français chez 12 producteurs. Il a lui aussi bénéficié d’avancées en termes de guidage et de gestion de l’énergie depuis son lancement. Une grande innovation est attendue cette année, avec un désherbage possible en inter-plants, pour remplacer les doigts kreiss habituellement utilisés. « La caméra capte le rang de salade et, grâce à un algorithme, actionne un outil pour nettoyer le rang, en s’effaçant dès la présence d’un plant ». Les robots de chez Naïo sont adaptés aux travaux gourmands en main-d’œuvre et sont « moins adaptés aux cultures à grandes mailles, pour lesquelles des bineuses tractées sont bien dimensionnées ». Les salades font partie du champ d’application de ces robots, tout comme les jeunes semis de culture.

Utiliser le stockage des données

Les marges de progrès, en particulier pour la précision, sont encore à travailler sur ces gammes de robots. « La prochaine étape est l’acquisition d’une précision optimale, comme les semis d’oignons mais nous n’y sommes pas encore », fait remarquer Philippe Michard. Une fois les performances de précision atteintes, l’ajout de nouvelles fonctionnalités viendront étoffer l’éventail de travail de ces robots. « Dino dispose d’une capacité de stockage de données très importante. Reste à savoir ce que l’on peut faire avec ces données ». Ces milliers d’images captées par la caméra pourraient servir à enregistrer les adventices en place, pour les cartographier dans la parcelle. Des capteurs pourraient se joindre à cette prise d’images, afin d’en tirer profit. Le spécialiste de la robotique prévoit enfin d’autres fonctionnalités, comme de la distribution de matière fertilisante, ou encore des semis de précision, dans un pas de temps de 3 à 5 ans. « Ce sera une façon d’allonger le temps d’utilisation des robots », qui ne sont pour l’instant dédiés qu’au désherbage.

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