Edito

Déconsommation

Les chiffres de l’Insee sont sans appel. En 2018, le Français a réduit ses achats d’articles alimentaires de 1,2 %. Depuis 10 ans, le consommateur n’a jamais dépensé aussi peu pour son alimentation. La consommation atteint un niveau plus bas qu’après la crise de 2008. De quoi inquiéter les agriculteurs, mais aussi les grandes enseignes qui se livrent depuis quelques mois à une guerre des prix pour attirer le chaland. Mais rien n’y fait. Selon les analystes, on assiste à un vrai changement de mode de consommation. Le Français souhaite acheter moins, mais mieux.

Dans ce marché alimentaire en mutation, le bio se développe. Mais pas seulement. Les produits bruts et en vrac connaissent aussi un succès grandissant, alors que les produits transformés – systématiquement mal notés par les applications comme Yuka – sont de moins en moins prisés. Comme pour la bière artisanale qui connaît un réel succès auprès des consommateurs, les produits de PME françaises séduisent par contre davantage, au détriment des produits de grande marque. Le mouvement de fond inquiète les grands groupes agroalimentaires français. D’autant que ces derniers doivent se bagarrer de plus en plus âprement à l’export : la France est passée du rang de 1er exportateur de produits agroalimentaires à celui de 4e en quelques années.

Illustration que le commerce ne se décrète pas et que la loi du marché reste maîtresse, les États généraux de l’alimentation avaient parié sur une augmentation du revenu des agriculteurs par une hausse des prix ; ils n’avaient pas prévu un possible contrebalancement sous l’effet de l’érosion des volumes vendus. Pourtant, cette combinaison diabolique « prix bas et faibles volumes » risque fortement de se répercuter dans le compte d’exploitation des agriculteurs.

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