Cultures

Orge : Quelle stratégie pour lutter contre les maladies ?

L’enveloppe moyenne pour la protection de l’orge varie de 60 à 75 €/ha, suivant les pressions de l’année.

La maladie principale sur orge d’hiver et escourgeon est l’helminthosporiose. La ramulariose qui est observée en fin de cycle est très présente également en Bretagne (symptômes souvent confondus avec ceux de l’helminthosporiose). Des ajustements de doses et de positionnement des traitements sont possibles pour adapter la dépense au contexte parasitaire de l’année.

Quel investissement ?

On observe en Bretagne une nuisibilité moyenne de 20 q/ha pour la majorité des variétés, et en particulier les variétés sensibles, on attribuera un investissement proche de 75 €/ha. Pour les variétés plus tolérantes (KWS Cassia, KWS Orwell, Augusta, LG Casting, Memento ), la nuisibilité est proche de 15 q/ha, l’enveloppe sera voisine de 60 €/ha.

S’adapter à l’année

La stratégie peut être adaptée en fonction des conditions climatiques et des avertissements donnés par le BSV. Ainsi, en cas de forte pression de maladies, il est important d’intervenir dès le stade 1er nœud si l’on veut pouvoir maîtriser efficacement le développement des maladies. Si le temps sec persiste, ou lorsque aucun symptôme n’est visible, il est possible d’attendre sans dépasser le stade sortie des barbes.

Cas général : deux traitements

En règle générale, la stratégie de traitement est basée sur deux interventions : la première au stade 1er nœud et la seconde au stade dernière feuille – apparition des barbes. Le premier traitement est généralement réalisé au stade 1er nœud. Il permet de lutter efficacement contre la rhynchosporiose, l’helminthosporiose et les premières attaques de rouille naine. En T1, les associations à base de cyprodinil comme les spécialités commerciales Unix Max / Kayak deviennent les références avec d’excellentes efficacités même à doses réduites. Au second traitement à dernière feuille – sortie des barbes , nos comparaisons de programmes montrent qu’un grand nombre de très bonnes solutions est disponible. Les SDHI ont donné de très bons résultats sur orge (Adexar, Ceriax, Kardix, Elatus Era…). Éviter les produits contenant du prothioconazole s’il a déjà été appliqué en T1.

Vis-à-vis de la gestion des phénomènes de résistance de l’helminthosporiose aux fongicides, compte tenu de l’évolution des résistances, il est recommandé de ne pas systématiser l’utilisation des stobilurines et donc de les privilégier aux situations avec une pression helminthosporiose très forte. S’agissant des triazoles, on s’efforcera d’alterner les molécules. Les stratégies à un seul traitement positionné au stade dernière feuille sont possibles sur des variétés tolérantes ou lorsque la pression de maladies est faible. Cette stratégie ne peut être mise en œuvre qu’après s’être assuré qu’aucun symptôme de maladie n’est visible sur les trois dernières feuilles.

Gare à la ramulariose
Des soupçons pèsent sur la présence en France de souches de ramulariose hautement résistantes aux SDHI et aux triazoles, identifiées en Allemagne dès 2016. Des essais réalisés par Arvalis ont montré l’inefficacité des solutions à base de SDHI + triazole (ex : Aviator Xpro…). Le recours à l’utilisation du chlorothalonil semble donc être devenu indispensable pour lutter efficacement contre la ramulariose, et les grillures.

Vincent Bouëtel, Emmanuelle Davy, Arvalis – Institut du végétal

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