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Un marché des céréales haussier

Augmentation du prix des céréales et reprise du marché des huiles sont les grandes tendances de ce début d’année 2019. ODA recommande de privilégier les surfaces de maïs en France.

Depuis mi-juin, le prix du blé a connu une belle remontée, dépassant 180, voire 200 €/t. Mais nous sommes encore loin du dernier pic de fin 2012/début 2013 qui affichait des prix de 270 €/t. « La production est en hausse au Canada, aux Etats-Unis, en Argentine, mais régresse en Europe, Russie, Ukraine et Australie. Globalement, la baisse de production dans les pays exportateurs est de 30,7 millions de tonnes. En Europe, les volumes disponibles pour l’exportation sont passés de 20,3 à 14,5 millions de tonnes », a synthétisé Renaud de Kerpoisson, P.-D.G. d’Offre et demande agricole (ODA), à l’occasion d’une journée organisée par la société de conseil le 21 janvier à Rennes (35). La production de blé est inférieure à la consommation aujourd’hui. Les prix devraient rester tendus en 2e partie de campagne 2018/19. En orge, aussi.

Consommation de maïs

« Les fabricants d’aliments vont donc consommer plus de maïs. Ils le font déjà depuis plusieurs mois. La part de stocks sur la consommation ne pèse plus que 7,4 % chez les grands exportateurs, du jamais vu depuis 2007. »
On observe aussi une reprise du marché des huiles. « La production de palme est en baisse en Indonésie et Malaisie, alors que l’huile de palme est incorporée pour faire de l’énergie. En soja, il y a encore beaucoup de stocks, il n’y a pas de tension attendue. » Au contraire, la production de colza va baisser, ce qui risque d’augmenter les prix. « Le tourteau de colza non OGM est demandé dans les filières allemandes. Il va être cher par rapport au tourteau de soja. »

Ralentissement chinois

Dans les assolements de printemps, Renaud de Kerpoisson recommande donc de privilégier les surfaces de maïs. « Au Brésil, un déficit hydrique pourrait pénaliser les cultures. Les intensions de semis sont en baisse en France. Pourtant la demande va être forte pour le remplacement des autres céréales. » L’orge de printemps est aussi à privilégier, « sous contrat uniquement ». En protéagineux, « mieux vaut limiter les surfaces du fait des bonnes disponibilités mondiales de soja et de l’incertitude de la demande chinoise. Un ralentissement de la croissance est attendu en Asie. »

« Risque de base » plus important
« Aujourd’hui, les bases, à savoir la différence de prix entre le marché physique local et le marché à terme, sont devenues très fluctuantes et différentes d’une région à l’autre. Et le risque de base est devenu aussi – voire plus – important que le risque de prix », précise Renaud de Kerpoisson. Suite à une grande consultation des présidents de clubs ODA, l’entreprise a décidé de proposer une régionalisation des recommandations stratégiques. Elles seront basées sur des fermes types représentatives des différentes régions. Pour le moment, il en existe 5 (pas encore en Bretagne) et bientôt d’autres suivront. Autre changement : les adhérents devront choisir entre plusieurs types de clubs : « apprentissage », 100 % visio (par internet) ou in situ (avec présence physique).
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