Élevage

La biosécurité s’invite dans les élevages bovins

GDS Bretagne consacre ses réunions d’hiver à la biosécurité, un outil qui prend du poids dans la prévention contre les maladies. Au Gaec des Moulins de Kerollet, par exemple, la réflexion sur la biosécurité est déjà bien entamée.

« Le mot biosécurité évoque pour les éleveurs des normes, des contraintes… Mais en réalité, elle concerne d’abord de nombreuses mesures ou aménagements concrets et simples pour protéger son élevage contre les maladies », explique Didier Coëffec, producteur de lait dans le Morbihan et président de la zone Estuaire de la Vilaine pour le Groupement de défense sanitaire Bretagne. Les élus de GDS Bretagne ont décidé de mettre ce sujet au cœur des 49 réunions annuelles de zone cet hiver. « Aujourd’hui, en bovin, il n’y a pas d’obligation réglementaire, mais on sent bien que cette notion va peu à peu entrer dans certains textes », note Félix Mahé, spécialiste régional de la question au GDS.

Panneaux et plan de circulation

Certains producteurs s’y penchent d’ailleurs déjà comme au Gaec des Moulins de Kerollet, à Arzal (56), « sans compter les intervenants réguliers comme le vétérinaire ou l’inséminateur, il y a beaucoup de monde à passer sur l’exploitation, observe Erwan Calle, l’un des trois associés. « En fait, il y a des gens à filtrer dès l’entrée. Nous allons commencer par poser à certains endroits des panneaux « sens interdit », un symbole que les gens connaissent bien. » Un parking spécifique aux intervenants extérieurs va être indiqué. Il est aussi prévu l’aménagement de zones d’accueil différenciées : d’un côté, l’une réservée aux personnes qui n’entrent pas dans l’élevage comme le comptable par exemple, de l’autre un espace dédié aux gens qui pénètrent dans les bâtiments et ont besoin de pouvoir laver et désinfecter leurs bottes, voire changer de tenue. « Nous afficherons aussi nos numéros de téléphone pour qu’une personne qui arrive puisse nous appeler plutôt que de traverser toute la ferme pour nous trouver. »

La zone d’enlèvement bientôt localisée pour l’équarrissage

La zone de stockage et d’enlèvement des cadavres va être installée à l’écart des circuits habituels sur l’exploitation pour limiter au maximum le risque de contamination au passage du camion d’équarrissage. « La dalle sera bétonnée avec des claustras autour. » Félix Mahé précise qu’un travail mené par GDS Bretagne avec les deux principales sociétés d’équarrissage de la région va aboutir bientôt à une géolocalisation des points de chargement qui permettra aux chauffeurs d’aller au but sans détour.

Au Gaec, une station de lavage est également prévue sous le nouveau bâtiment à matériel : un endroit adapté pour nettoyer un matériel souillé ou contaminé et s’assurer que l’eau de nettoyage reste bien confinée sur la « zone sale ». Et Erwan Calle de conclure : « La Charte des bonnes pratiques avait été vue comme une contrainte au départ. Se pencher sur la biosécurité, c’est une nouvelle occasion de faire un autobilan : qu’est-ce qu’on fait bien, qu’est-ce qu’on peut améliorer progressivement ? » 

Réunions, formations et audits pour déployer la biosécurité
Lors des réunions de zone, les animateurs proposeront un petit film d’animation et des ateliers pour sensibiliser à la biosécurité. « Nous présenterons aussi des matériels utiles en précisant où les trouver et comment les installer », précise Félix Mahé. Pour aller plus loin, GDS Bretagne va également proposer un module de formation et un audit (« Nouveau service qui entrera dans le cadre de la cotisation ») spécifiques sur le sujet. Pour en savoir plus ou connaître les dates et lieux des réunions : 02 96 01 37 00 ou sur gds-bretagne.fr

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