Réduire les charges en sous-traitant aux ETA et Cuma

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Les agriculteurs font de plus en plus appel à des prestataires de services pour les travaux de culture. ETA et Cuma se développent pour répondre à la demande croissante.

Dans le contexte économique actuel de crise, les exploitants sont attentifs à l’évolution des charges. Parmi elles, la mécanisation est un poste clé qui ne cesse de grandir. Afin de mieux maîtriser cette dépense, il peut être intéressant de se tourner vers la sous-traitance des cultures. En déléguant ces travaux à un professionnel, l’exploitant peut réaliser des économies sur le carburant, l’entretien et les amortissements. Il évite également la détérioration des trésoreries suite à l’achat de matériel. Et le gain de temps apporté par la sous-traitance permet de se consacrer à d’autres activités. Il faut cependant préciser qu’une fois le matériel amorti et les annuités remboursées, la sous-traitance devient moins rentable que l’achat. Et contrairement à l’achat de matériel, sous-traiter n’offre pas l’opportunité de baisser l’assiette fiscale et sociale.

Réponses aux évolutions

Depuis quelques années, l’agriculture est en pleine mutation sociale et technologique : diminution du nombre d’agriculteurs, agrandissement des exploitations, baisse de la main-d’œuvre familiale au profit des salariés. En parallèle, les matériels sont toujours plus équipés et plus complexes à utiliser. Ils sont donc plus coûteux et nécessitent une maîtrise importante. Les agriculteurs s’adaptent et changent donc leur façon de travailler : ils se tournent de plus en plus vers les Entreprises de travaux agricoles (ETA) et les Coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma). Ils accèdent ainsi à du matériel généralement à la pointe de l’innovation, à une main-d’œuvre qualifiée et à des conditions de travail moins contraignantes tout en évitant l’investissement. L’exploitant s’affranchit donc des soucis techniques ou de réglage qui sont extrêmement chronophages pour une exploitation agricole. Mais il perd une part de son autonomie à réaliser les travaux quand il le souhaite car il devient dépendant de l’agenda de l’ETA ou de la Cuma avec laquelle il travaille.

+ 35 % de salariés en ETA

Depuis les années 2000, les ETA se sont fortement développées tant en nombre qu’en taille : le nombre de salariés a bondi de 35 %. Dans un premier temps, ces entreprises spécialisées proposaient principalement des travaux de battage. Elles se sont diversifiées et proposent désormais des travaux de préparation du sol, semis et traitements phytosanitaires. Mais l’activité la plus répandue reste celle de la récolte.

Cuma et groupement d’employeurs

À l’origine, les Cuma étaient uniquement dédiées à l’achat de matériel en commun. Mais depuis 2006, elles peuvent également correspondre à un groupement d’employeurs et ainsi réaliser des travaux de cultures pour leurs adhérents. Cette activité n’est pas présente dans l’ensemble des Cuma : seules 14 % d’entre elles la proposent. Cependant, la taille de ces structures est plus faible de moitié par rapport aux ETA. La récolte est, là aussi, l’activité la plus développée. Elles réalisent également les autres travaux de cultures tels que la préparation du sol, la fertilisation ou le semis.

Pierre Lucas/Cogedis


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