Economie, marchés et gestion

Le prix du porc dans une boule de cristal chinoise

Difficile de faire des prévisions à moyen terme sur le cours du porc. Les aléas du commerce mondial et la peste porcine africaine peuvent rebattre les cartes dans les mois à venir.

Le prix de la viande de porc est actuellement en chute aux États-Unis en raison des taxes imposées par leurs clients habituels, mexicains et chinois. Ces derniers importent des sous-produits qui ne trouvent plus preneur, avec un effet négatif sur la valorisation des carcasses. Premier bénéficiaire : l’industrie canadienne qui achète des carcasses américaines (et du porc local dont le prix est indexé sur le porc américain) à bas prix et qui peut exporter des pièces sans les taxes qui plombent la filière voisine.

Consommateur chinois

Le marché chinois est tendu. L’abattage a augmenté de 2 % par rapport au dernier semestre. Les importations de viande se font plus rares. Un 6e cas de peste a été dévoilé lundi dernier. « L’expansion de la maladie pourrait être rapide », analyse Pascal Le Duot, directeur du MPB. « Dans un cas avéré de présence du virus, l’éleveur n’est indemnisé qu’à la moitié du coût de production (pour les animaux abattus) et les élevages alentour sont désaffectés. Cette politique incite à cacher la misère ». Les premiers impacts sur le commerce pourraient se voir, selon lui, en sortie d’hiver 2018-2019. Qu’en sera-t-il de la consommation suite à ces problèmes sanitaires de plus en plus nombreux ?

Le consommateur privilégiera-t-il la viande d’importation, comme pour le lait infantile après le scandale de la mélamine, ou pénalisera t-il, sans discernement, la consommation de porc ? Dans la première hypothèse, les pays européens en bénéficieraient…

L’Europe dans l’attente

En Allemagne, la production est en baisse ces dernières semaines. En Espagne, l’abattage (en 2018) est en augmentation de 6 %. Le prix est élevé et n’évolue plus. La consommation va baisser avec la fin de la saison touristique. Dans des conditions normales, le prix espagnol devrait baisser dans les quatre mois à venir. Tout dépend donc de l’évolution de la situation en Chine. La mondialisation est un fait et l’interrelation entre les marchés devient de plus en plus évidente.

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