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« La Pie Rouge fait partie de notre patrimoine génétique bovin breton »

Enseignant au lycée Pommerit, Claude Le Hervé juge la Pie Rouge au Space 2018. Rencontre.

Enseignant dans la vie de tous les jours, quelle est votre expérience de juge ?

Claude Le Hervé : Cela fait 30 années que j’officie sur les rings. J’ai débuté sur un comice dans le Trégor avec un juge senior qui m’a conseillé de faire les commentaires de notre travail au micro. Aimant les challenges, je ne me suis pas dégonflé et ai donc relevé son défi. J’y ai pris goût et les expériences en ont amené d’autres.
Moins de 10 années plus tard, je passais mon agrément pour la race Holstein. Etant fils d’éleveur, dans la même période, j’ai également présenté des animaux de l’élevage familial. Repéré en Bretagne, j’ai été retenu pour le National de la race à Alençon en 2002.

Votre meilleur souvenir de juge ?

Claude Le Hervé :Mon meilleur moment restera inévitablement le jugement de la championne suprême à Sainte-Hyacinthe au Canada ! Je mesure la chance que j’ai eu de pouvoir aller y officier, mais, en plus de la mise en scène de l’entrée dans le ring des championnes de chaque race. Il y a surtout le fait d’être au milieu, de voir RF Goldwyn Hailey entrer, suivie de ma championne du concours Brune que je jugeais : Brown Heaven Glenn Fantasy !

Quelles races avez-vous déjà jugées ?

Claude Le Hervé :Je juge les Holstein, Brune et Pie Rouge. J’aimerais à l’avenir avoir aussi une expérience en Jersiaise car c’est une race qui m’intéresse beaucoup.

Quel est votre lien avec la Pie Rouge ?

Claude Le Hervé :Ce sont les éleveurs du Finistère qui m’ont invité en 2015 à juger leur départemental à Quimper. Cela m’intéressait justement pour mieux connaître cette race rattachée à notre culture de l’élevage en Bretagne. Je connais maintenant plusieurs éleveurs qui en ont dans leur troupeau dans le Trégor. Pour aller juger une race supplémentaire, il est important d’aller voir en amont les éleveurs et les concours pour bien avoir le modèle recherché en tête, puis s’intéresser aux éleveurs pour ressortir le style de vache recherchée.
Ensuite la méthode pour justifier notre classement reste la même qu’importe les races, c’est de la méthodologie que l’on apprend en formation de juge. La race Pie Rouge fait partie de notre patrimoine génétique bovin breton, nous devons donc l’aider à avoir sa juste place dans sa reconnaissance en tant que race laitière de notre territoire.

L’influence de vos voyages au Canada dans l’approche des concours ou de votre amour des belles vaches ?

Claude Le Hervé :En effet, inévitablement le Canada aura eu une grosse influence sur mon approche du concours, j’y étais cet été pour la 23e fois. Des personnes que j’ai pu y connaître au départ pour raison professionnelle, sont devenues des amis, au point de faire l’acquisition d’une vache en Ontario chez un des maîtres de stage pour Pommerit. Ce même élevage a offert des embryons pour des étudiants méritants et nous avons aussi actuellement des gestations d’embryons du même élevage à Pommerit.

La famille Leroux était en Bretagne ce printemps et notre passage à Morlaix aura été l’occasion de leur présenter la race Pie Rouge. Les participations régulières sur les concours dans l’est canadien m’ont aidé à trouver ma touche personnelle dans mes commentaires et une méthode de travail efficace. Par contre, il y a des préparations d’animaux trop extrêmes dans les pis ou dans la tonte que je ne partage pas, et nous voyons bien monter une attente sociétale sur le bien-être en concours. Il est important que nous le prenions bien en compte.

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