Edito

Travail et écologie

L’Organisation internationale du travail (OIT) fêtera ses 100 ans en 2019. Cette honorable institution pétrie d’humanisme est née après, et de, la Première Guerre mondiale. Créée par le Traité de Versailles, elle incarne l’idée qu’il n’y a pas de paix durable sans justice sociale. Une vieille idée qui prévalait déjà dans l’Antiquité quand les princes étaient appelés à la sagesse par cette métaphore : « L’argent, c’est comme le fumier : si vous le laissez s’accumuler, c’est une nuisance ; si vous l’épandez, c’est bienfaisant ».

Cinq mille ans plus tard, cette noble idée d’une nécessaire répartition de la richesse est d’une cruelle actualité. Le libéralisme économique, attisé par l’OMC, et maintenant par les accords bi et multilatéraux, impacte frontalement l’objectif d’amélioration des conditions de travail poursuivi par l’OIT. Cette dérive est amplifiée par le « law shopping » des multinationales qui consiste à développer ses activités dans les pays les moins contraignants sur le plan social, fiscal et environnemental.

Depuis l’ouverture des frontières, les agriculteurs bretons n’ont de cesse de dénoncer ces distorsions de concurrence qui se mesurent sur leur revenu, mais aussi sur leurs conditions de travail. Alain Supiot, membre de la commission mondiale sur l’avenir du travail de l’OIT, s’étonne encore, qu’en 2015, le Gouvernement demandait aux Bretons d’agrandir leurs élevages de porc pour exporter vers la Chine afin de sortir de la crise. Il estime en effet qu’une économie ultralibérale basée sur le seul marché de l’offre et de la demande ne tiendra pas, parce que « écologiquement intenable ». « L’empreinte écologique et la façon dont les hommes travaillent sont liées. Cela apparaît nettement quand on prend le travail agricole ».

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