Campagne en scène

Hideuse tique

L’histoire commence mal pour cette sale bête. Rien que la nommer constitue déjà une épreuve : on dit un tique ? Une tique ? Féminin a choisi la langue française pour désigner cette hideuse créature qui, sous la loupe, ressemble aux monstres fantastiques des plus grands films d’horreur : quatre paires de pattes griffues ; à la place de la tête, un organe d’ancrage muni de dents pour découper la peau et un rostre prêt à pénétrer les chairs pour se gaver du sang de sa victime. Comment peut-on l’aimer ? Comment peut-on aimer cette maudite tique qui, en plus de sucer votre sang, salive ce malin plaisir de transmettre des maladies qui vous pourrissent la vie. Même le diable n’aurait imaginé pareil succube, sans oreille, sans œil, sans nez…

Et pourtant. Et pourtant, il n’est point d’organisme vivant qui ne soit à 100 % inutile et néfaste insistent les spécialistes de l’acarien qui se font l’avocat de cette luciférienne tapie dans les hautes herbes pour mieux bondir sur leur proie. « Leur éradication affecterait inévitablement l’ensemble de l’écosystème », affirme la science. Est-ce à dire que le destin du monde serait entre les pinces lacératrices de cuir et de peau de cet arachnide ? Peut-être… Les tiques font partie du menu de prédateurs comme la taupe, le hérisson ; et même de l’étourneau que l’on peut observer occupé à débarrasser les bovins de leurs tiques et insectes.

Inspirés par cette compétence des oiseaux, des vétérinaires kéniens proposent aux éleveurs de mettre leurs vaches et leurs chèvres dans un enclos avec des poules : chaque poule pouvant ingurgiter jusqu’à 200 tiques en 3 heures ! Au temps des insecticides bannis, les insectivores sont bénis…

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