Campagne en scène

Une hirondelle fait l’automne

Alignées sur les fils électriques, les hirondelles se préparent au grand voyage. Un matin vous les croyez envolées et vous les retrouvez réunies en grappe, piaillant d’impatience sur la cime d’un arbre jouxtant un troupeau en pâture. Mêlées à des congénères en transit, elles profitent de l’abondance des insectes tourbillonnant autour des bovins pour conforter leurs réserves de gras à bon prix.

Chateaubriand, perpétuel voyageur comme cet oiseau migrateur avait été séduit par cette « jolie curieuse » : « Quand les hirondelles approchent du moment de leur départ, il y en a une qui s’envole la première pour annoncer le passage prochain des autres.» Puis, un matin, semblant répondre à un signal mystérieux, elles s’envolent toutes dans le sillage des pionnières. Par étape journalière de 200 à 300 km, elles rejoignent l’Afrique en 5-6 semaines.

Pendant des siècles, les scientifiques ont cru que les hirondelles passaient l’hiver enfouies dans la vase de roselières ! Vers 1780, le naturaliste Buffon, est un des premiers, dans “Histoire naturelle des oiseaux”, à remettre en cause cette théorie. Cette croyance que l’hirondelle se transformait en grenouille s’explique aujourd’hui par le fait que ces oiseaux migrateurs se réunissaient en dortoir de plusieurs milliers d’oiseaux dans les roselières riches en insectes, avant de décoller très discrètement avant le lever du soleil pour poursuivre leur voyage. Aujourd’hui, faute de roselières, les hirondelles font étape dans les champs de maïs…

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