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Conduire des Normandes très laitières

Jeudi 8 février, l’EARL de la Roseraie ouvrira ses portes dans le cadre de l’assemblée générale de la section Bretagne de l’OS Normande. Cet élevage se classe 8e de la race en France concernant le lait brut produit par vache.

« Mes parents poussaient moins les vaches mais il y avait déjà de très bons taux », se rappelle Ludovic Tranchevent, à Saint-Carné (22). Mais son installation en 2007 ayant permis d’obtenir 100 000 L de lait supplémentaires, la décision a été prise de produire ce volume sans acheter de vaches par manque de place dans l’étable. « J’ai intensifié en distribuant davantage de maïs et de concentrés. » Le troupeau de Normandes a bien répondu. Aujourd’hui, avec 8 472 kg, l’EARL de la Roseraie est sur la première marche du podium de la race en termes de lait brut produit par vache dans les Côtes d’Armor. Et même dans le top 10 en France sur ce critère.

En vert ou enrubannée, de l’herbe tous les jours

L’EXPLOITATION : 2 UTH, 65 Normandes et la suite, 540 000 L livrés en 2017, 86.5 ha dont 33 en maïs, 30 en blé et 22 en prairies.

Après la traite du matin, les vaches consomment l’ensilage de maïs distribué à la désileuse. « Un fil barre l’accès à l’aire paillée pour les inciter à bien fréquenter l’auge. Puis, vers 11 h, je recours à l’affouragement en vert. Toute l’année sauf l’été quand les prairies ne produisent plus assez ou à certaines périodes de l’hiver quand les terrains ne portent plus suffisamment », explique l’éleveur. « J’ai toujours connu cette pratique chez nous. Cela bonifie et diversifie le régime en apportant un autre type de protéines tout en permettant une économie de soja. »

En 15 à 20 minutes par jour, le fourrage frais est ramassé et distribué à l’auge. « Et quand il n’est pas possible d’en apporter, je le remplace par de l’enrubannage. Un mode de conservation utilisé à la belle saison dès que je suis débordé par la pousse dans les prairies. Objectif : ne jamais gaspiller d’herbe. » Par ailleurs, 11 ha proches des bâtiments sont dédiés au pâturage une bonne partie de l’année. Ludovic Tranchevent a opté pour un système simple : « Un fil avant avancé une fois par jour ».

+1477 d’effet troupeau

Au Dac (« dont l’installation a favorisé l’amélioration du niveau d’étable »), le troupeau accède à un correcteur à base de tourteau de soja et à un concentré type « VL 3,5 L ». Le matériel est équipé de pompe distributrice de propylène-glycol pour soutenir le démarrage en lactation des multipares. Depuis deux ans, les laitières reçoivent aussi des bouchons de pulpe de betterave. « J’avais entendu parler de l’intérêt de cet aliment lors d’un concours. J’ai essayé. Puis arrêté pendant un mois et vu les taux baisser… Les vaches les plus productives en reçoivent 1 kg par jour contre 500 g pour les plus avancées en lactation. » A la clôture de la campagne laitière 2017, le coût alimentaire lait était de 110 € / 1 000 L (contre 104 € pour la moyenne Normande BCEL Ouest), mais grâce à la valorisation lait et viande la marge brute de l’EARL atteint de 215 € / 1 000 L vendus (203 € pour la moyenne Normande BCEL Ouest).

A l’arrivée, les performances sont au rendez-vous. Sur 2017, les résultats de contrôle laitier annoncent 8 449 kg de lait par vache à 35,9 de TP et 41,7 de TB de moyenne. « Ce qui frappe notamment à l’EARL de la Roseraie quand on lit les résultats de pointage, c’est l’effet troupeau qui montre que l’alimentation est parfaitement maîtrisée : au-delà de l’index lait moyen de 227, l’effet troupeau atteint + 1 477 à comparer aux – 389 de moyenne sur le département », souligne Anthony Grouazel, éleveur à Lanvallay et président du syndicat de race Normande dans les Côtes d’Armor.

« Actuellement, je freine la production en distribuant un peu moins de tourteau. Et je vends des vaches en lait », reprend Ludovic Tranchevent qui estime élever trop d’animaux malgré la pratique du croisement industriel (il vient de vendre un beau croisé Inra 95 de trois semaines à 330 €). « Avec un âge au premier vêlage de 31 mois, l’atelier génisses est mon prochain chantier. J’ai des progrès à faire », termine le Costarmoricain qui ouvrira ses portes pour partager ses expériences.

Actualités de l’OS Race Normande et porte ouverte

Jeudi 8 février, 10 h, à la salle polyvalente de Calorguen, assemblée générale du syndicat Normande 22 et assemblée de section Bretagne de l’OS Race Normande. Intervention sur les enjeux du nouveau Règlement zootechnique européen (RZUE), le nouvel Isu…

  • 13 h, repas sur réservation (Contact : 06 21 25 64 98)
  • 14 h, visite de l’EARL de la Roseraie à Saint-Carné.
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