Edito

Mange-t-on si mal ?

Poulet à la dioxine, œufs au fipronil, graines germées contaminées par E.coli, perturbateurs endocriniens dans la salade, etc. Et maintenant lait contaminé aux salmonelles. Amplification médiatique aidant, les « scandales » alimentaires semblent se bousculer dans l’assiette des Français. Et pourtant…

Et pourtant l’on meurt nettement moins aujourd’hui que par le passé par ce que l’on mange. En témoigne l’histoire de l’humanité : la 6e plaie d’Égypte serait une description de la maladie du charbon ; la Bible relate l’épisode des cailles empoisonnées ; les Romains s’intoxiquaient par le plomb des canalisations d’eau. Enfin, faut-il rappeler qu’au début des années 1900, l’intoxication alimentaire était encore la deuxième cause de mortalité en France.

Le développement de la chaîne du froid et l’extension des contrôles sanitaires ont permis en quelques dizaines d’années de réduire considérablement les intoxications alimentaires. Aujourd’hui, on meurt davantage de trop manger que de manger mauvais. Dans la succession des affaires alimentaires qui ont émaillé l’actualité de ces 20 dernières années, l’affaire Lactalis revêt un caractère particulier, s’agissant du lait, l’aliment maternel chargé d’une grande symbolique.

De plus, le déficit de communication sur cette affaire qui s’étire en longueur crée la suspicion chez le consommateur. Comparativement, la forte communication, avec retrait immédiat des rayons des œufs contaminés au fipronil, avait permis de tourner la page en quelques jours. Sur le plan économique, cette affaire du lait expose potentiellement l’image de l’agroalimentaire français au-delà des frontières de l’Hexagone. Les agriculteurs craignent aussi de subir un préjudice. L’agriculture n’avait pas besoin de cela.

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