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Bel voulait redorer son image

Invité à la Session Chambre d’agriculture du Morbihan, André Bonnard, secrétaire général de la FNPL, s’est exprimé sur certains dossiers, notamment la segmentation des produits.

Pourquoi la laiterie Bel a-t-elle lancé un nouveau cahier des charges ?

André Bonnard : Bel collecte 500 millions de litres chez ses producteurs sur les 2,5 milliards de litres qu’il transforme. L’entreprise veut redorer son blason, surtout avant que l’étiquetage nutritionnel Nutri-score soit mis en place dans les enseignes de la distribution. Beaucoup de ses produits (La vache qui rit, Babybel, Kiri…) seront notés en rouge dans les grandes surfaces. L’entreprise a donc élaboré un cahier des charges facile à respecter pour ses producteurs français. Quatre hectares doivent être accessibles aux laitières autour de la ferme pour leur permettre de sortir et la ration doit contenir de l’herbe (pâturée ou à l’auge).

Les producteurs n’ont pas vraiment eu le choix mais en contrepartie, ils ont obtenu un prix de base de 350 €/1 000 L et deux primes de 6 €/ 1 000 L pour l’herbe et 15 €/1 000 L pour une production sans aliments OGM. L’opération permettra à Bel d’améliorer l’image de ses produits auprès du consommateur. Ce type de démarche n’a d’intérêt que s’il y a un retour aux éleveurs. Beaucoup d’initiatives émergent actuellement. Certaines sont des succès comme la niche « c’est qui le patron », calée sur une demande des consommateurs, enquêtés via les réseaux sociaux. Ce lait de pâturage, sans OGM, est vendu 99 centimes le litre (39 ct à la production). La segmentation est bénéfique, à condition qu’il y ait une base solide (production standard) qui crée également de la valeur. De toute manière, satisfaire le client est la seule façon de faire de l’argent.

Quid des stocks de poudre ?

A. B. : Certains acheteurs considèrent que la poudre de lait en stock (350 000 t) n’est plus bonne. Du moins, ils en tirent argument. Lors de la crise de 2009, les stocks avaient été bien revendus. Aujourd’hui, il faudrait les brader pour pouvoir les écouler. Sans ces stocks, les prix seraient bons car il n’y a pas de surplus de poudre fraîche. La politique de stockage européenne ne fonctionne pas si on n’instaure pas, en parallèle et dès le début, un mécanisme de limitation de la production. La FNPL souhaite l’incorporation de ces poudres dans l’alimentation des porcs. À 1 400 €/t, elle est concurrentielle par rapport au soja mais on peut comprendre la réticence des fabricants à utiliser une nouvelle matière, sur une courte durée.

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