Economie, marchés et gestion

Entente et organisation pour travailler à plusieurs

« S’associer, travailler en collectif, cela se cultive » aux yeux des responsables de la FDCivam 35. Ils ont organisé une soirée d’échanges sur cette thématique en lien avec trois témoignages.

« Je ne me sentais pas capable de m’installer seule. À deux, on s’épau-le physiquement et moralement. On prend du recul avant d’agir. C’est plus facile de s’organiser, de gérer le temps de travail », a confié Charlène Tortay à l’occasion du café de la FDCivam 35 sur le thème du travail à plusieurs, lundi à Corps-Nuds.

Se poser les bonnes questions

Après avoir effectué des stages et du salariat sur la ferme d’Emmanuelle Deraeve dont l’activité avait été lancée en 2011, Charlène Tortay s’est installée avec elle en créant le Gaec Plantago. Basées à Corps-Nuds, les deux agricultrices commercialisent des plantes aromatiques et des légumes.

Mais si le collectif comporte nombre d’avantages, il peut aussi se transformer en cauchemar. « Avant de nous associer, nous avons été accompagnées par l’Afoc 53 sur les aspects humains ». L’Afoc 53 (en Mayenne) est une association de formation et d’accompagnement à la gestion de l’exploitation, qui propose aussi des formations sur les ressources humaines. Le formateur leur a permis de se poser les bonnes questions : sur la place de leurs familles, sur le temps de travail, leurs responsabilités respectives… « J’ai aussi effectué un contrat de parrainage pour tester notre capacité à travailler ensemble. »

Tamara Glas et Pierre Gabeau, de la Ferme des 5 sens à Guipry.
Tamara Glas et Pierre Gabeau, de la Ferme des 5 sens à Guipry.

« Aujourd’hui, je m’occupe davantage du maraîchage et des ventes de légumes, et mon associée de la partie herboristerie. Mais nous allons chacune travailler dans l’atelier géré par l’autre et tous les bénéfices sont mutualisés. Je n’ai pas eu de mal à trouver ma place », précise Charlène Tortay qui ne souhaiterait pas non plus travailler dans un collectif de plus de deux personnes. Alors que son associée s’occupe de la facturation, Emmanuelle Deraeve fait la comptabilité. « Nous avons un fichier partagé. Nous organisons par ailleurs une réunion par semaine. »

Mutualisation d’un hangar et de terres

Tamara Glas est, quant à elle, savonnière au sein de la Ferme des 5 sens à Guipry. Trois entreprises distinctes y mutualisent un hangar et des terres : les primeurs des 5 sens (2 associés), la boulange paysanne des 5 sens (2 associés), et la savonnerie des 5 sens (1 personne). « Le hangar et 7 ha ont été financés par une SCI citoyenne. 240 personnes, y compris les 5 associés, ont acheté des parts. 1/3 des personnes sont basées sur le territoire et 1/3 en Ille-et-Vilaine », précise Tamara Glas.

« La communication avec un événement réalisé ensemble, une newsletter, et la commercialisation pour la vente à la ferme le vendredi soir sont mutualisés. Mais sinon, chaque entreprise a son fonctionnement, ses propres
débouchés », précise Pierre Gabeau (maraîcher et compagnon de Tamara). Avant la création du projet, de nombreuses réunions ont été organisées par le collectif pour concrétiser la vision que chacun avait de la ferme et se projeter. Une charte et un règlement intérieur ont été mis en place.

Être accompagné dans les relations humaines
Travaillant principalement sur l’installation – transmission, la FDCivam 35 développe désormais une nouvelle thématique : l’accompagnement sur les relations humaines, possible à différents stades de vie du collectif (projet, appui au fonctionnement). Des groupes d’échanges vont aussi être mis en place, ainsi que des formations spécifiques (poser les fondements, clarifier le fonctionnement, définir la société adaptée, conduite de réunion et prise de décision, repérer et gérer les tensions ou conflits, travailler en couple, embaucher et pérenniser les postes…). Plus de renseignements et contact : 02 99 77 39 28 ou fdcivam35@civam- bretagne.org
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