Politique et Syndicalisme

EGAlim, une responsabilité collective

Emmanuel Macron a dévoilé mercredi les premières mesures issues de la 1re phase des discussions des États généraux de l’alimentation.

Mercredi 11 octobre, le président Macron a parlé d’agriculture. C’était une prise de parole solennelle et très attendue du locataire de l’Élysée, pour tenter de convaincre les acteurs des filières agroalimentaires « de passer d’une logique de guerre de position à une guerre de mouvement collectif.»

Chaque filière présentera ses défis à relever

En effet, depuis trois mois, des débats agitent les différents acteurs de la filière alimentaire, des agriculteurs aux distributeurs, en passant par les transformateurs et les consommateurs. La profession agricole attend beaucoup des premières mesures présentées dans ce discours du président de la République, qui leur avait promis « un prix juste » lors de la campagne présidentielle. Si le débat s’est focalisé ces derniers jours autour du seuil de revente à perte, les syndicats agricoles rappellent que ce dispositif ne sera pas suffisant pour retrouver suffisamment de valeur dans leurs produits. La FNSEA mise sur la contractualisation, à condition d’intégrer les coûts de production dans la construction du prix. Mais ces contrats obligatoires ne convainquent pas la Coordination rurale, qui soutient que « le choix de signer un contrat ou non doit reposer avant tout sur l’attrait de ce contrat pour leur exploitation ». D’autres attendent un changement de modèles agricoles.

Emmanuel Macron a insité sur le maintien de « la pluralité agricole productive », afin de « cultiver les différences » pour répondre aux besoins des consommateurs. Mais au sein des filières, il a appelé à la responsabilité de tous, demandant à tous de faire des efforts. Des contrats de filière à élaborer d’ici la fin de l’année sous la tutelle des interprofessions devront permettre et accélérer la transition agricole nécessaire pour relever les défis de notre agriculture : restructuration des filières, réinvestissements, assurer une montée en qualité des produits (Label Rouge, bio)… Les 5 Md € du plan d’investissement destinés à l’agriculture permettront d’y répondre, avec principalement des aides aux agriculteurs et aux
filières.

Se regrouper pour peser dans les négociations

Une contrepartie exigée face aux autres propositions d’Emmanuel Macron : une contractualisation pluriannuelle de 3 à 5 ans, proposée par la maillon production et non pas les acheteurs, les prix étant définis à partir du coût de production. « Les négociations commerciales qui démarrent en novembre devront refléter l’esprit de la loi à venir », insiste-t-il.  

De plus, pour peser face à l’aval de la filière, les agriculteurs vont également être invités à créer des Organisations de producteurs (OP) de taille significative, qui devront se professionnaliser. Des aides seront conditionnées à la taille des OP commerciales. Mais pour cela, l’État devra clarifier le droit à la concurrence. Des indicateurs de marché, les coûts de production et des contrats type devront être définis pour chaque filière. 

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