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Denormandie en Bretagne

Symboliquement, le ministre de l’Agriculture est venu en Bretagne, « premier bassin nourricier de France », accompagner la publication de l’arrêté sur la fin de la castration à vif des porcelets à partir du 1er janvier 2022.

Vendredi 19 novembre est paru au Journal officiel l’arrêté précisant le cadre de la mise en œuvre de l’arrêt de la castration à vif des porcelets. Appuyant la sortie de ce texte, Julien Denormandie s’est rendu en Côtes d’Armor pour une journée au contact des professionnels. Ce déplacement préparé dans l’urgence par les responsables locaux a débuté à l’EARL du Guinguenoual à Hénanbihen (22). Sur cet élevage porcin et laitier, semblant dans son élément, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a visité une porcherie avant de s’exprimer.

Discussions âpres avec la filière

Il a rappelé avoir pris le temps de la concertation pour définir les cadres technique et économique de cet arrêté. « Nous avons beaucoup travaillé avec la FNP. Les discussions ont parfois été âpres, voire viriles, avec certains maillons de la filière. Mais le protocole sanitaire est prêt et les formations, financées par l’État, débutent. Pour tous les animaux nés à partir du 1er janvier 2022, les éleveurs vont pratiquer les mêmes gestes qu’auparavant mais sous anesthésie. » Dans les campagnes, ce changement de pratique n’est pas anodin. Olivier Jouan et Julien Vandenbrock, les deux associés qui recevaient le ministre sur leur exploitation de 150 truies (groupement Eureden), calculaient que le temps nécessaire pour castrer 120 mâles allait passer de 2 à 5 heures. La profession rappelle que les élevages sont incapables de prendre en charge le prix de la main-d’œuvre et des médicaments. Et Julien Denormandie de promettre : « Le surcoût de cette castration non à vif ne doit en aucun cas être assumé par les producteurs. Il doit être répercuté aux industriels et à la distribution jusqu’au consommateur qui la demande. Ainsi, tout achat par un industriel d’un cochon né en 2022 non castré à vif se fera sous contrat », a expliqué Julien Denormandie.

Le ministre promet des contrôles démultipliés

Du côté des éleveurs, on attend de voir. Chacun connaît la difficulté de passer des hausses à l’aval, y compris quand une loi le prévoit. « Mais la confiance n’exclut pas le contrôle. Comme pour les négociations commerciales et la loi Égalim 2, nous allons mettre beaucoup de pression et démultiplier les contrôles pour que cela se passe comme c’est convenu », a terminé le ministre. Il a ensuite filé à Lamballe visiter l’abattoir de la Cooperl soutenu par le plan France Relance.

Égalim, la solution à tous les maux…
En préfecture de Saint-Brieuc, les professionnels agricoles devant Julien Denormandie et les élus de territoire ont insisté sur la gravité de la crise actuelle : fonte des trésoreries, surendettement, découragement, hausse des importations, Pac… À la sortie, les syndicalistes de tous bords semblaient déçus par un ministre qui brandit le remède « Égalim 2 » à tous les maux. « Encore faut-il que cette nouvelle loi soit respectée. Mais l’urgence est maintenant… », lâchait Fabienne Garel, de la FDSEA 22. La Confédération paysanne, « dubitative au vu du succès d’Égalim 1 », dénonçait « le cynisme d’un technocrate ».
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