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De meilleurs résultats en porc, quelles priorités ?

Même si la fin de l’année se profile beaucoup moins favorable qu’au printemps, 2017 restera la meilleure des dix dernières années pour les producteurs de porcs. L’occasion d’améliorer le bilan de son exploitation, de relancer les projets tout en s’assurant une réserve de trésorerie.

Les résultats affichent depuis quelques mois des niveaux non observés depuis 2006. Un prix de l’aliment inférieur à la moyenne des 5 dernières années, un prix du porc mieux orienté et des performances techniques en progression régulière, trois facteurs qui contribuent à l’amélioration de la situation. Cela redonne des perspectives, motive à relancer les projets, mais quelles priorités se donner ?

Retrouver un bon équilibre financier

Renforcer la solidité financière de son entreprise pour retrouver la confiance de ses partenaires bancaires est une condition nécessaire à l’obtention de nouveaux financements dans de bonnes conditions. Les résultats du 1er semestre 2017 traduisent une remontée sensible des trésoreries. Depuis 2008, plus de la moitié des élevages bretons était en niveau d’alerte de trésorerie c’est-à-dire dégradée au-delà de -30 €/100 kg net. Redescendre sous la barre des 80 % de taux d’endettement global reste un objectif pour mieux se prémunir des revirements de conjoncture.

Prioriser les investissements

220 € par truie d’amortissements en bâtiment et matériel d’élevage en 2016 chez les naisseurs-engraisseurs bretons : un montant faible au regard de la valeur à neuf d’un outil qui illustre le besoin d’investissement dans les élevages. Du productif destiné à accroître la cohérence des installations pour améliorer les performances techniques. Cela peut passer par la construction de capacités d’engraissement, des installations pour réduire ses con-sommations d’énergie et pourquoi pas le recours à la fabrique d’aliment à la ferme pour gagner en autonomie.

Du réglementaire et donc de l’obligatoire sont peut-être à planifier comme l’achat de centrifugeuses ou des mises en conformité pour la qualité de l’air. Tout ce qui a trait à la biosécurité, la marche en avant, l’amélioration des conditions de travail peut être à privilégier. Tous ces investissements restent à prioriser et à mettre en adéquation avec un objectif d’annuités qui ne fragilise pas la bonne marche de l’entreprise sur le moyen terme. La base de 16,5 € pour 100 kg s’apprécie au vu des performances de l’exploitation et de sa capacité à dégager de la valeur ajoutée. Il conviendra par ailleurs de conserver une marge de manœuvre pour s’adapter à l’évolution des normes et des demandes sociétales.

Qui dit meilleurs résultats dit aussi plus de prélèvements fiscaux et sociaux. Des options existent pour optimiser les bases taxables. Exploitées en fonction des situations individuelles, il peut s’agir d’adapter le régime fiscal, le statut social, la structuration juridique de l’entreprise. Plus simplement, le recours à la retraite complémentaire, l’épargne salariale, les options moyennes triennales… font partie de la boîte à outils.

Définir les besoins en trésorerie
Dans tous les cas, chiffrer pour anticiper les besoins de trésorerie est nécessaire. D’autant plus si la conjoncture devient moins favorable. Peu de trésorerie a pu les derniers temps être consacrée à de l’épargne de précaution. Indispensable à faire malgré tout dès que possible pour envisager l’avenir avec plus de sérénité.

Véronique Kerlidou / Cerfrance Finistère

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