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TCS et semis direct : “Le sol, premier partenaire de l’agriculteur”

Christophe de Carville défend les techniques culturales simplifiées et le semis direct. Il est intervenu lors d’une journée technique à Plonéour-Lanvern (29).

Les entreprises de travaux agricoles investissent pour mieux répondre à la demande de leurs clients. Avec du matériel récent et performant, les pratiques évoluent quant à la conduite des cultures. « Mais le machinisme joue un rôle restreint. Il ne faut pas substituer les choses. Tout passe avant tout par le sol », introduit Christophe De Carville, responsable développement chez Sky, filiale du groupe Sulky spécialisé dans les TCS et le semis direct, à l’occasion d’une journée technique organisée par l’ETA Le Lay de Plonéour-Lanvern (29).

Aller vers un sol fertile

La fertilité d’un sol est liée à son activité biologique. « Chaque génération remet en cause l’agriculture, sans condamner ce qui a été fait, bien au contraire : on vient puiser dans les référentiels, comme l’exemple des cultures associées. Les couverts végétaux ne représentent pas un coût, mais un investissement. Les plantes vont prendre un large spectre de nutriments : un couvert de 6 t de MS de biomasse aura capté 160 kg d’N, 26 de P, 150 de K, 81 de Ca ». À cela s’ajoute des oligo-éléments tels le zinc, le bore ou le manganèse.

L’azote contenu dans l’air représente une part de 78 %, gratuite. Un couvert végétalisé de féverole, semé en septembre et détruit en avril, « produirait 8,7 t de biomasse et retiendrait 351 kg d’azote. 170 kg pourraient être restitués aux cultures, le reste entrerait dans le fonctionnement du sol. Si ce type de couvert n’est pas autorisé, il faut s’attendre à ce que cela évolue, car les lois actuelles découlent de situations d’urgence. À nous de montrer que ce système est plus efficace ».

Christophe de Carville, responsable développement chez Sky.
Christophe de Carville, responsable développement chez Sky.

Rhizosphère et tube digestif

Toutes espèces végétales laissent apparaître ses parties aériennes. Pour ce qui est souterrain, le spécialiste estime que « pour les graminées, le ratio biomasse aérien/racinaire est de 50/50. Dans le sol, nous ne sommes pas sur un substrat, mais sur un écosystème encore peu connu, composé de champignons, de microbes, de bactéries ou encore d’exsudats racinaires ». Toute cette vie et ces matières nutritives sont d’autant plus actives dans un système alliant cultures et élevage. « Plutôt que de tout exporter, l’idéal reste le pâturage. Il existe des similitudes énormes entre le tube digestif des animaux et la rhizosphère. Quand une plante est consommée par un animal, la déjection a pour composition différentes colonies de champignons et de bactéries qui rend le sol plus actif ».

Les cases lysimétriques parlent

En se basant sur une étude longue de 20 ans, de 1986 à 2006, sur le site de Saint Liguaire (79) et sur des cases lysimétriques, Christophe de Carville interprète des résultats surprenants. « Sur la période, 4 000 mm d’eau ont été drainées, 973 unités d’azote ont été lessivées. Au total, les céréales ont produit 916 quintaux. Cela représente quasiment 1 kg d’azote lessivé par quintal de céréale produite. Le travail du sol oxygène la terre, et augmente la minéralisation. Si aucune culture n’est là pour consommer cet azote, les éléments fuient ».

Les couverts sont alors une excellente réponse à ces pertes, un mélange efficace doit être composé « d’une plante tuteur, d’une légumineuse pour l’azote, d’une crucifère pour consommer l’azote produit par les légumineuses, et d’une graminée pour son effet structurant. Dans le choix des espèces, il faut même pousser plus loin la réflexion : des espèces, oui, mais de quelle variété ? ». D’autres effets sont aussi possibles par les végétaux, comme le sarrasin, souvent qualifié de chasseur de phosphore.

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