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La fin du stockage des dindes sur pattes ?

L’année 2016 a laissé des traces chez les éleveurs de dinde. Lors de retards à l’enlèvement les abatteurs pourront être redevables d’une compensation financière comprise entre 15 € et 30 €/tonne de vif.

Les éleveurs de dinde ont vécu une année 2016 très compliquée. Chez beaucoup d’aviculteurs bretons les animaux sont restés bien trop longtemps dans les poulaillers faute de débouchés. Par conséquent, les résultats technico-économiques sont très dégradés et les trésoreries mises à mal. La production de 2016 est supérieure de 5,2 % à celle de 2015 et cela lié au stockage sur pattes dans les élevages et à des animaux bien plus lourds qu’habituellement.

Les frigos sont pleins

Lors d’une intervention à la Chambre d’agriculture à Plérin (22) début juillet, Yann Brice, délégué général du Cidef (comité interprofessionnel de la dinde française) a expliqué « qu’il y a 2 ans, 950 000 dindonneaux étaient mis en place chaque semaine dans les élevages. Aujourd’hui, on se situe plutôt autour de 850 000. En janvier/février 2016, lorsque les frontières se sont fermées à cause de l’influenza aviaire, une partie des dindonneaux destinés à l’export ont été mis en place en France. Des dindonneaux qui n’étaient pas vendus avant d’être livrés chez les éleveurs. Sur certaines semaines entre janvier et février nous avons dépassé les 1 000 000 de dindonneaux mis en place, soit 150 000 de plus qu’une semaine normale. »

Ces mises en places supplémentaires se sont combinées à un marché qui s’est dégradé au cours de l’année 2016. Les frigos qui permettent de faire tampon se sont très vites remplis. « En situation normale nous avons entre 1 000 et 1 500 tonnes de blanc en stock dans les frigos. Nous avons très vite dépassé les 3 000 tonnes de blanc et beaucoup plus sur la viande rouge. En 2017, nous avons toujours 3 500 tonnes de blanc en frigo avec une tendance à la baisse », déclare Yann Brice. Un éle-veur réagit : « C’est encore nous qui trinquons alors que l’interprofession aurait dû réguler ces mises en place. »

Des pénalités en cas de retard à l’enlèvement

Afin d’éviter que cette situation ne se reproduise, le Cidef a négocié une évolution du contrat cadre qui lie les abatteurs aux organisations de production (OP). L’ensemble des OP et des abatteurs ont signé cet accord. « En cas de non-respect des engagements contractuels sur le poids et le planning d’enlèvement, une compensation financière sur le prix de reprise sera octroyée par l’abatteur/transformateur à l’OP. Un montant versé à l’OP mais qui revient de droit à l’éleveur. Cette compensation fonctionne par paliers : au-delà de 7 jours de retard par rapport à la date d’enlèvement prévue au contrat, la compensation est fixée à 15 € la tonne de vif.

Au-delà de 14 jours de retard la compensation est fixée à 30 €/t », déclare Yann Brice. Les aviculteurs présents estiment que ce n’est pas grand-chose et que cet accord ne tient pas compte de l’augmentation de la mortalité et de l’indice de consommation lorsque les dindes restent trop longtemps en élevage. Yann Brice précise : « Il y a une mention dans le contrat qui nous permet de discuter et de réévaluer ces montants chaque année. »

Repenser le contrat des éleveurs
Suite à l’annonce de l’évolution du contrat cadre entre abatteurs et OP les échanges entre le délégué général du Cidef et les aviculteurs ont été assez riches. Les éleveurs pensent qu’il faudrait aussi un contrat du même type entre eux et leur OP pour déterminer un âge maximum pour l’enlèvement des femelles et des mâles. « Après cet épisode de stockage sur pattes, nous avons vu les limites de la dinde médium », estime un éleveur. Yann Brice pense qu’il faudrait revoir la manière dont sont élevées les dindes et revoir complétement les contrats. « Il faudrait un contrat qui prenne en compte la qualité et rémunère au rendement de filet. Cela permettrait de diminuer les densités tout en conservant la marge de l’éleveur. »
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