Cultures

Des variétés de colza à adapter à vos situations

Au-delà du rendement, les variétés doivent être choisies selon les risques agropédoclimatiques et sanitaires.

Même si de nombreux producteurs regardent avant tout les résultats en rendement à l’issue des campagnes d’expérimentation, les variétés doivent être choisies sur des critères adaptés aux risques agropédoclimatiques et sanitares.

1 – Phoma : privilégier TPS groupe I

Dans les bassins de production de colza avec rotations courtes, utilisez préférentiellement les variétés TPS du groupe I. Si vous utilisez des variétés du groupe II (avec gène de résistance spécifique Rlm7) et si la présence de macules de phoma est bien visible à l’automne sur feuilles, vérifiez impérativement en fin de campagne s’il y a présence de nécrose au collet. Celle-ci est le signe que la variété n’est plus adaptée au contexte et qu’elle ne présente pas, par ailleurs, un niveau de résistance suffisant dans ces conditions.

2 – L’élongation automnale

Le phénomène d’élongation du colza à l’automne sensibilise la plante au gel hivernal, à la verse au printemps et fragilise la plante vis-à-vis du phoma. Les situations à risque sont majoritairement celles riches en azote et/ou avec apports organiques. Les densités excessives sur le rang augmentent le risque. Boostés par la douceur automnale, les colzas semés fin août peuvent présenter une croissance plus soutenue. Le choix de variétés parmi les moins sensibles à l’élongation est alors incontournable.

3 – La verse, liée à l’azote et la densité de peuplement

Le risque de verse est lié à la densité de colza au mètre linéaire (risque fort au-delà de 15 plantes/m), à la disponibilité en azote et à la sensibilité de la variété. Le phénomène d’élongation automnale exacerbe d’autant plus les risques. Le choix d’une variété TPS ou PS est capital (sans oublier la maîtrise des 2 autres para-mètres) pour aller jusqu’à la récolte sans encombre, et sans avoir à faire usage d’un régulateur au printemps, dont les bonnes conditions d’applications ne sont pas toujours faciles à trouver.

4 – Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier

Le critère de précocité le plus important reste celui de la maturité : les variétés tardives et mi-tardives valorisent généralement davantage les sols profonds et situations de récolte tardives. En sols moyens ou superficiels, on se tournera davantage vers des variétés mi-précoces. Pour le critère « précocité à floraison », il peut être intéressant de panacher son choix variétal (mi-précoce, mi-tardif, tardif) pour lisser les risques de conditions de floraison défavorables comme en 2017, avec le froid et les gelées tardives. Le critère « précocité de reprise de végétation » est plutôt un élément de confort. Veillez à ne pas choisir des variétés trop précoces à la reprise dans des secteurs tardifs et dans des parcelles où la portance peut être limitante pour les premiers apports d’azote.

5 – La hernie

En cas de parcelles ayant montré des symptômes de hernie des crucifères par le passé, le choix d’une variété tolérante à ce bioagresseur s’impose.

Associer une variété « piège à méligèthes »
L’association d’une très précoce à floraison (ES Alicia est aujourd’hui la plus indiquée), en mélange à 5-10 % avec la variété d’intérêt, peut permettre de réduire le niveau d’infestation sur la variété d’intérêt et ainsi, dans le meilleur des cas, de rester en deçà des seuils d’intervention. Cette variété haute et très précoce sera plus attractive pour les méligèthes, ce qui épargnera les plantes de la variété d’intérêt aux stades sensibles. En cas de forte pression, les plantes pièges ne seront pas suffisantes. Ce type de mélange n’affranchit donc pas d’une observation régulière à la parcelle ni d’avoir recours, si nécessaire, à une protection insecticide raisonnée.

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Nina Rabourdin / Terres Inovia

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