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Dephy Ferme : Avancer en groupe rassure

Trois groupes sont présents sur le BV du Meu et organisent des rencontres entre eux. Avancer à plusieurs permet d’échanger et de se rassurer sur des évolutions qui peuvent faire peur.

Depuis 2010 – 2011, trois groupes Dephy Ferme sont présents sur le Bassin Versant du Meu. Le groupe Ceta 35 compte une quinzaine d’agriculteurs de l’Ouest Ille-et-Vilaine. Outre les aspects environnement et santé, les éleveurs ont choisi de travailler sur la réduction des phytos pour des raisons économiques. « Nous souhaitions aussi devenir plus autonomes par rapport à la conduite des cultures, la connaissance des adventices, les seuils de nuisibilité… », explique Olivier Forest, un des membres.

Expérimenter ensemble

« Nous essayons, nous expérimentons, tout en assurant notre revenu. Au départ, plusieurs agriculteurs étaient engagés dans une MAE. » En moyenne, les producteurs du groupe ont réussi à réduire de 25 % l’IFT par rapport à leurs pratiques initiales. « C’est surtout l’utilisation de fongicides – insecticides – molluscicides qui a baissé, de 53 %. Les rendements ont été conservés et les marges brutes améliorées », précise Erwan Collin, conseiller Ceta 35.

« Nous fonctionnons avec 7 réunions par an dont 3 en bout de champ. Les producteurs peuvent aussi bénéficier d’autres actions dans le cadre d’Ecophyto : suivi BSV, accompagnement individuel, aménagement de l’aire de remplissage, visites d’expérimentations, rallyes cultures… » Le collectif projette de travailler davantage sur les herbicides, notamment via les rotations, le biocontrôle et le désherbage mécanique.

Maintenant, l’autonomie est l’objectif 1er

Le groupe animé par la Chambre d’agriculture est très local, avec 12 exploitations regroupées dans un rayon de 15 à 20 km autour de Montfort-sur-Meu. « Le travail en groupe a amené à des changements sur notre exploitation. Nous avons par exemple mis en place un RGI de 18 mois entre le maïs et le blé et du binage sur maïs. Aujourd’hui, la principale thématique du groupe est devenue l’autonomie protéique, qui permet d’allonger les rotations… et de faire chuter l’utilisation de phytos », note Julien Collin, un des producteurs.

Le groupe Dephy Adage 35 fonctionne quant à lui avec 10 agriculteurs présents sur tout le département. « Les IFT étaient déjà faibles au départ du projet dans ces systèmes herbagers. Pour les réduire encore, les producteurs ayant le plus de cultures de vente ont augmenté la part d’herbe et de méteils et/ou de mélanges céréaliers. Par exemple, un des producteurs a inséré des prairies dans les rotations de ses parcelles les plus éloignées, pour la fauche et le pâturage des génisses, et a divisé son IFT par 3 », détaille Paul Rouaud, animateur Adage 35. En 2015, les producteurs affichent un IFT total autour de 0,5, soit 4 fois moins que la moyenne en polyculture – élevage en Bretagne.

En parallèle sur 3 bassins versants, un réseau « méteil » s’est mis en place il y a deux ans. L’objectif est d’acquérir des références locales et de partager les expériences sur des mélanges céréales / protéagineux, ensilés ou enrubannés. Cette culture permet de valoriser des terres difficiles, d’augmenter la production fourragère sur une même parcelle et de limiter les traitements.

Des coûts identiques en blé
Des essais sont mis en place dans le cadre du programme Ecophyto sur le BV du Meu. Sur le désherbage du blé, pour un visuel similaire à l’heure actuelle, les coûts entre les traitements phytos (Défi 1,5 L + Carat 0,4 L) et un passage de houe rotative et de herse étrille sont identiques, à 53 €/ha. La charge main-d’œuvre est plus importante en désherbage mécanique, alors qu’en chimique le coût des produits représente environ 60 %.
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