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Au golf de Baden, 63 hectares à entretenir

Luc Menneteau, greenkeeper du golf de Baden, bichonne, toute l’année, un parcours de 18 trous, ses greens, ses mares, ses bois et ses zones naturelles. La clientèle est exigeante.

Trois millimètres en été ; quatre en hiver. On ne transige pas avec la hauteur d’herbe sur les greens qui surplombent la rivière d’Auray. Une véritable moquette. Tondue tous les matins en été, dès l’aurore, avant l’arrivée des premiers golfeurs. On s’inquiète pour le gazon, à ce point malmené. « La pelouse est un mélange de fétuques et d’agrostices stolonifères. Elle se prête très bien aux nombreuses coupes », rassure Luc Menneteau, responsable de l’entretien du parc. Semée, à sa conception, dans un sol sableux, à peine enrichi en matière organique.

« C’est une culture hors sol, toujours bien drainée ». Il vaut mieux. Le green est sensible à de nombreuses maladies telles que les fusarioses ou le sclérotinia. Les traitements fongiques sont parfois inévitables même si les campagnes de prévention permettent de maintenir un bon état sanitaire. « Nous réalisons des analyses floristiques du sol et nous épandons régulièrement des trichodermes (champignons) et des produits à base d’algues pour renforcer les défenses naturelles ». La fertilisation n’est pas en reste : l’équivalent de 150 unités d’azote par hectare pour garantir une belle pelouse verdoyante sur ces petites surfaces qui entourent les trous, cibles des sportifs.

Luc Menneteau est à la tête de deux équipes de 7 salariés chacune. Il supervise l'entretien des golfs de Baden et de Ploemel, dans le sud du Morbihan.
Luc Menneteau est à la tête de deux équipes de 7 salariés chacune. Il supervise l’entretien des golfs de Baden et de Ploemel, dans le sud du Morbihan.

Taupes et vers de terre

Aux environs de ces greens, chaque zone a ses spécificités. Le suivi des « fairway », les allées qui relient ces greens, est moins rigoureux. La hauteur d’herbe ressemble à celle des gazons traditionnels. Au-delà, les « roughs », sont moins entretenus et parfois laissés à l’état naturel. Le circuit d’arrosage est enterré. 250 asperseurs s’activent en fonction des données de la petite station météo du golf. « Le green ne doit jamais être trop humide. Il faut que les balles « pitchent » un peu ».

En langage des non-initiés, qu’elles freinent sans marquer le sol. Les plus grands ennemis du green-keeper sont encore les taupes et même les vers de terre, notamment à cette période de l’année où les turricules sont nombreux. Ces petits monticules de terre, riches en éléments fertilisants, ont un côté inesthétique qui déplaît à la clientèle et qui, écrasés sous les pas des golfeurs, créent des trous dans la pelouse. Pour les premiers, le taupier de l’équipe d’entretien suffit à limiter les dégâts. Pour les seconds, pas grand-chose à faire, sinon un léger ratissage de temps à autre.

Un espace de biodiversité

Le golf est un vaste espace naturel, qui comprend des mares, des bois et des zones fleuries. L’architecte français qui a conçu le parcours a conservé le relief du site pour préserver l’intégration dans le paysage. Un partenariat avec la LPO (ligue de protection des oiseaux) donne une touche écolo à l’ensemble. « Elle a réalisé un inventaire de la faune et de la flore. Des bilans sont prévus à intervalles réguliers pour connaître leur évolution ». Les travaux d’entretien plus conséquents sont réalisés en tenant compte des préconisations de la LPO pour ne pas perturber l’habitat. Ces  travaux sont planifiés en fonction des compétitions régionales et parfois nationales « qui nous mettent un peu de pression».

L'espace d'apprentissage.
L’espace d’apprentissage.

Un sport à démocratiser

Le golf de Baden compte 750 adhérents golfeurs. Il faut plus de 4 heures pour faire le parcours en entier. La clientèle est donc essentiellement une clientèle de retraités. Pour Luc Menneteau, c’est d’ailleurs le problème de ce sport. « En France, beaucoup trop de golfs de 18 trous ont été réalisés.  Ils sont trop grands pour pouvoir démocratiser ce sport. Il faudrait aménager des golfs plus petits, de 6 trous par exemple, bien mieux adaptés pour apprendre à jouer et susceptibles d’attirer une nouvelle clientèle ». Les agglomérations considèrent les golfs comme une vitrine et misent, souvent à tort, sur des grands parcours, à l’entretien onéreux et à la rentabilité mal assurée…

Les bergers d'Écosse
Des pêcheurs et à des bergers de la Côte Est de l’Écosse, du XVe siècle, seraient à l’origine du golf. Ces Écossais utilisaient des pièces de bois pour frapper de petites roches à travers les champs ondulés et les dunes de sable. Ce passe-temps devint rapidement très populaire. L’approbation royale augmenta rapidement la popularité du golf au XVIe siècle partout en Europe. Le roi Charles 1er introduisit le jeu en Angleterre et Marie, reine d’Écosse, en France. Malgré sa popularité parmi la royauté européenne, il fallut 150 ans avant que le golf soit organisé en un jeu officiel. Au XVIIe siècle, un répertoire de règlements universellement acceptés fut établi. Le jeu par coups fut créé en 1759, et le premier parcours de 18 trous fut construit en 1764 à Leith, en Écosse. Les parcours de dix-huit trous devinrent la norme des parcours de golf par la suite. Le début du XXe siècle a apporté plusieurs inventions technologiques qui ont changé le jeu.
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