Élevage

4200 m² spécialisés en poulet lourd

Nicolas Quéro, éleveur à Trévé (22), finit tout juste son 2e lot de poulets lourds dans son bâtiment neuf de 2 000 m2 qui vient s’ajouter aux 2 200 m2 existants.

Nicolas Quéro s’est installé en 2011 en reprenant l’élevage familial de 2 200 m2 de poulaillers à Trévé (22). Un projet mûrement réfléchi après avoir passé 10 ans sur le terrain comme technicien avicole pour Sanders. « Dès 2012, pour partir sur de bonnes bases, j’ai refait le bâtiment de 1 000 m2 alors âgé de 40 ans. Je n’ai gardé que le matériel d’élevage qui avait 6 ans. J’ai reconstruit un bâtiment de type Colorado. Le sol a été bétonné en 2013 et les fenêtres posées en 2014 », explique l’aviculteur qui produit du poulet sexé Princior pour le Gaévol (Sanders).

Nicolas Quéro, au milieu des poulets mâles Princior.
Nicolas Quéro, au milieu des poulets mâles Princior.

Afin de rester toujours performant, il change les chaînes d’alimentation de ses 2 poulaillers en 2014, puis les pipettes un an plus tard. La même année, il pose des fenêtres sur le 1 200 m2 afin d’atteindre les 3 % de surface au sol en lumière naturelle et répondre à certains marchés spécifiques. « Par contre le sol est encore en terre battue. Avant de bétonner, je réaliserai une bonne rénovation du poulailler pour le rendre plus étanche afin d’obtenir une ventilation plus performante. »

Réaliser des économies d’échelle

Mi 2014, Nicolas Quéro démarre sa réflexion pour la construction d’un bâtiment neuf. « Je me suis dit que dans 10 ans les 2 200 m2 ne seraient peut-être pas suffisants pour maintenir un niveau de rémunération correct. J’ai déposé mon dossier début 2015 et 12 mois plus tard on attaquait les travaux. Sur la même année, la construction d’un hangar de 700 m² a été réalisée afin de composter la litière et de répondre aux normes environnementales.  J’ai effectué mon premier lot de poulets en juillet dernier. »

Pour l’éleveur, passer de 2 200 m2 à 4 200 m2 est un bon moyen de réaliser des économies d’échelle. Il cite en exemple l’achat d’un télescopique qui s’amortit plus facilement quand la surface de production est plus grande. Même raisonnement pour son godet pour étaler la sciure. Il lui permet en plus de gagner du temps avant la mise en place des poussins : « Avec ce matériel, 9 minutes suffisent pour étaler les 500 kg de copeaux + sciure pour 1 000 m2 avant le démarrage du lot. »

Lors de la construction du bâtiment, l’éleveur a fait une travée supplémentaire afin d’anticiper une future norme environnementale qui contraindrait les aviculteurs à traiter l’air sortant pour récupérer les poussières ou l’ammoniac. Pour le moment, il s’en sert d’aire de lavage.
Lors de la construction du bâtiment, l’éleveur a fait une travée supplémentaire afin d’anticiper une future norme environnementale qui contraindrait les aviculteurs à traiter l’air sortant pour récupérer les poussières ou l’ammoniac. Pour le moment, il s’en sert d’aire de lavage.

Une ventilation longitudinale

L’éleveur a opté pour une ventilation longitudinale avec 8 turbines de 40 000 m3/h et 3 ventilateurs progressifs à économie d’énergie de 15 000 m3/h. « Il n’y a plus de paliers, la ventilation est linéaire. Elle s’adapte en temps réel aux besoins des animaux. La sonde à CO2 me permet de savoir si je sur-ventile ou sous-ventile. Les réglages affinés ont eu un impact positif sur la croissance de mes poulets. »

Le chauffage est assuré par des canons extérieurs à gaz avec combustion indirecte de chez Systel. Les brûleurs extérieurs chauffent des tubes en aluminium à l’intérieur du poulailler et un ventilateur pulse de l’air sur les tubes pour récupérer la chaleur et chauffer le bâtiment. « Le CO2 et l’hygrométrie générés par la combustion restent à l’extérieur. Nous n’avons pas cette ambiance lourde lors des démarrages avec des appareils de chauffage intérieurs. Ce système de chauffage joue un peu le rôle d’échangeur. Avec la grosse différence qu’il est très facile à nettoyer. »

Vue de l’intérieur du poulailler sur les tubes en aluminium sur lesquels l’air est pulsé pour assurer le chauffage.
Vue de l’intérieur du poulailler sur les tubes en aluminium sur lesquels l’air est pulsé pour assurer le chauffage.

Limiter les ponts thermiques

Une des priorités de l’éleveur était de limiter au maximum les ponts thermiques. Le trottoir extérieur bétonné est isolé sur une largeur de 60 cm tout autour du poulailler. Les longrines sont aussi isolées ainsi qu’à une profondeur de 20 cm dans le sol. Enfin toute la dalle est isolée avec 4 cm de styrodur renforcé. « J’obtiens ainsi une température de dalle toujours homogène. 3 jours avant le démarrage je mets en chauffe pour atteindre progressivement 32° d’ambiance et une dalle à 30°C. »

Pour l’abreuvement et l’alimentation, Nicolas Quéro a installé 6 chaînes d’alimentation et 7 lignes de pipettes. Au final, il a investi environ 280 €/m2 dans cette construction neuve. « Mais tout est compris : bâtiment, équipements, aménagements extérieurs, coût administratif, arrivées d’eau et d’électricité, changement de groupe électrogène avec nouveau local », conclut Nicolas Quéro.

2 000 m² pour diluer les frais de dossier
Le projet de départ est de construire un poulailler de 1 800 m2. Mais le coût du dossier se chiffrant à 18 000 € est le même que le bâtiment fasse 1 000 ou 3 000 m2. Nicolas Quéro a donc décidé de se lancer sur la construction d’un 2 000 m2. « Il n’y a pas de grosses différences sur le coût de la construction quand on passe de 1 800 m2 à 2 000 m2. Le poulailler qui fait 92 m de longueur est passé de 20 à 22 m de largeur. L’investissement en matériel d’élevage est le même et le prix de la coque du bâtiment ne bouge presque pas non plus. La structure de la charpente est la même, il faut un peu plus de béton et des pignons un peu plus grands ».
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