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Des éleveurs suisses visitent les fermes laitières du Pays de Pontivy

Un groupe d’une dizaine d’éleveurs laitiers suisses ont visité des exploitations à dominante herbagère dans le secteur de Pontivy. Deux d’entre eux détaillent leur système de production en zone AOP.

Ils sont propriétaires de fermes de 23 et 33 hectares, à 800 mètres d’altitude, en zone AOP gruyère, dans le canton de Fribourg. Des structures de petite taille en termes de moyens de production : 100 000 et 235 000 litres produits respectivement, mais assises sur un foncier de forte valeur : 4,6 €/m2, soit 46 000 € par hectare environ. Leur lait, en valorisation gruyère AOP est payé 780 euros/ 1 000 litres contre 500 € chez leurs voisins en production standard. « Notre coût de production est également élevé », tempèrent les deux éleveurs. 500 euros/1 000 litres environ (avant rémunération familiale). Ils produisent en valorisant l’herbe au maximum, et notamment le pâturage. « 70 % à 80 % de la production est réalisée au pâturage. Le reste est séché en grange. Nous n’avons pas d’ensilage. »

Deuxième à partir de la gauche : Jean-Noël Delo, Julie Audren (Chambre d'agriculture) et Dominique Guillemin ont reçu le groupe d'éleveurs suisses dont José et Frédéric, aux extrémités, qui témoignent. Un groupe d'éleveurs Nov'Agri avait visité leurs élevages cet été lors d'un voyage en Suisse.
Deuxième à partir de la gauche : Jean-Noël Delo, Julie Audren (Chambre d’agriculture) et Dominique Guillemin ont reçu le groupe d’éleveurs suisses dont José et Frédéric, aux extrémités, qui témoignent. Un groupe d’éleveurs Nov’Agri avait visité leurs élevages cet été lors d’un voyage en Suisse.

Vaches à l’herbe

Les vaches, de race Kiwi (Holstein x jersiaises), sont taries pendant deux mois en hiver (vêlages groupés en février, mi-mars). « Nous avons des contraintes liées au bien-être animal. Nous devons, par exemple, sortir les vaches tous les jours, en hiver, dans un parc semi-couvert. Nos bâtiments sont bien isolés et les volumes de stockage sont importants en raison des contraintes liées aux périodes d’épandage ». Les aires d’exercice, dans l’étable, sont sur caillebotis, avec des fosses en dessous. Les éleveurs sont tous deux adhérents de Cuma et possèdent du matériel en co-propriété pour limiter les charges. Ils sont, par contre, propriétaires du matériel de fenaison. Les prairies naturelles sont des mélanges de différentes espèces.

Fertilisées au lisier et à l’azote minéral, elles produisent 10 à 11 tonnes de MS/ha/an (gestion par paddocks). La pluviométrie, dans la région, est de 1 100 mm par an. Les vaches produisent près de 6 000 kg de lait par lactation avec un bon taux de matière utile (43 de TB et 36 de TP). Elles consomment, en moyenne sur leurs deux élevages, 130 kg de concentré par an ; essentiellement des céréales et du maïs grain.

80 % des terres enherbées
En Suisse, 23 500 producteurs de lait produisent chaque année 3,47 millions de tonnes de lait qu’ils vendent aux transformateurs. Une exploitation laitière, c’est en moyenne 24 hectares de terres, 24 vaches et 140 000 kg de lait. Les différences sont grandes entre les régions, entre exploitations de plaine et de montagne et entre les diverses orientations. Un bon tiers du lait est produit sans recours à l’ensilage, ce qui est impératif si le lait est destiné à la fabrication de spécialités. 80 % des terres servent à produire de l’herbe. L’utilisation d’aliments concentrés par vache laitière est estimée à environ 640-710 kg par an, en moyenne.

Gestion des volumes

Les laiteries sont de type coopératif ou privé. « Actuellement, les ventes de gruyère sont en baisse, nous avons des restrictions de volumes par la laiterie et un maintien du prix. De fait, cet hiver, la période de tarissement est plus longue ». Les éleveurs ont l’habitude des variations de volume. Ils peuvent également adapter l’effectif du troupeau à la production autorisée.

Quotas supprimés en 2009
La suppression des quotas laitiers en 2009 a eu des conséquences sur la filière, notamment une hausse de la production laitière et une baisse des prix du lait. Pour échapper à cette spirale descendante, la filière a adopté une segmentation des volumes de lait. L’idée était d’échelonner le prix selon l’utilisation à laquelle est destiné le lait (vente en Suisse, dans l’Union européenne ou sur le marché mondial). La segmentation s’accompagnait d’un prix indicatif censé assurer un prix à la production adéquat. Pourtant, ni la segmentation, ni le fonds d’allégement du marché n’ont réellement permis de stopper l’érosion des prix. Beaucoup d’éleveurs ont cessé l’activité et certaines exploitations se sont agrandies.
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