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De la marge de rentabilité grâce à l’herbe pâturée

Invités par des étudiants, le conseiller Florent Cotten et l’éleveur Goulwenn Le Berrigaud sont intervenus sur l’intérêt des systèmes herbagers au lycée agricole de Bréhoulou.

Étudiants en BTS Acse à l’Iréo de Lesneven, Marylène Thomas, Florent le Moël et Cédric Tymen ont organisé, dans le cadre de leur Projet d’initiative et de communication (Pic), une soirée d’échange sur la valorisation de l’herbe dans les murs du lycée de Bréhoulou à Fouesnant. À cette occasion, une soixantaine de personnes se sont retrouvées, mercredi 7 décembre, sur le site de l’établissement scolaire.

Jusqu’à 10 000 L de lait par hectare

« Les derniers chiffres montrent qu’actuellement, un tiers des éleveurs gagnent moins de 350 € / mois de revenu. Il est temps de changer de direction », a démarré l’intervenant Florent Cotten, conseiller en pâturage (PatureSens). Pour lui, aujourd’hui, la notion de rentabilité passe par la réflexion sur l’autonomie du système fourrager, notamment sur la question de la source azotée. « Et dans ce contexte, l’herbe pâturée reste l’aliment le moins coûteux et le plus équilibré naturellement. Plus on va augmenter la part de pâturage dans la ration des animaux, meilleure sera la rentabilité pour l’éleveur. »

Le spécialiste a insisté sur la notion de productivité à l’hectare des exploitations agricoles. « C’est une vraie marge de manœuvre à l’avenir. Et bien souvent, il est favorable aux systèmes herbagers qui, bien gérés, permettent d’atteindre jusqu’à 10 000 litres de lait produits par hectare de SFP. Actuellement, la moyenne française se situe aux alentours de 4 000 litres par hectare. »

Penser aux flores estivales

Pour rentrer plus concrètement dans le sujet, le Finistérien a partagé son expérience de terrain de l’optimisation des prairies. « Le moment d’entrée optimal dans une parcelle  pour le pâturage se situe à 3 000 kg de MS / ha, au stade 3 feuilles. » Pourtant adepte d’une exploitation intensive à la néo-zélandaise, il a ensuite insisté sur l’intervalle minimum entre deux passages. « Attention au surpâturage, au retour trop rapide sur la même parcelle qui entraine une trop grosse consommation de la surface foliaire des plantes et donc une pénalisation de la capacité de repousse de la plante. »

Pour le spécialiste, il faut respecter un délai qui varie selon la saison et selon la qualité de l’herbe présente. Par exemple, il conseille au moins 35 à 40 jours l’été sur une flore ray-grass anglais – trèfle blanc. « Si on constate que l’herbe sèche trop, peut-être faut-il chercher à implanter dans les mélanges d’autres espèces mieux adaptées, plus productives en conditions estivales : chicorée, luzerne, plantain, trèfle violet, fétuque… » Il est alors possible de continuer à faire pâturer le troupeau en s’appuyant sur « des rotations plus courtes » qui laissent les surfaces en RGA-TB « se reposer ».

Des passages rapides pour épargner les pousses

Florent Cotten est également revenu sur l’intérêt de parcelles dimensionnées pour des passages limités dans le temps (type paddock 1 jour). « L’herbe recommence à faire de la matière végétale 72 heures après avoir été broutée, c’est pour cela que le fait de mettre les vaches 3 jours de suite dans le même paddock fatigue la pâture car le 3e jour, elles rebroutent déjà les jeunes pousses…»

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