CulturesPolitique et Syndicalisme

Phyto : la portée économique des réglementations “politiques”

Des organisations s’appliquent à discréditer des substances phytosanitaires ciblant uniquement leurs dangers théoriques.

Publié début juillet, une étude* commanditée par le Copa-Cogeca, structure professionnelle agricole européenne, a évalué ce qu’une réglementation européenne discréditant les substances phytosanitaires sur leurs dangers théoriques, faisant donc fi du degré réel de risques, pourrait entraîner. Les auteurs de l’étude ont estimé que 75 des 400 substances aujourd’hui disponibles en Europe pourraient être interdites.

Pour mesurer l’impact de telles interdictions, ils ont raisonné sur 7 cultures de base et 24 cultures spécialisées pratiquées dans les pays qui constituent les 9 plus importants marchés nationaux en Europe. Selon leurs conclusions, les pertes de rendement seraient de 10 à 20 % pour le blé et le colza, de 20 % pour les vignes, de 30 à 40 % pour les pommes de terre, olives, tomates et agrumes, de 60 % pour les pommes et 92 % pour les carottes, par exemple. Financièrement, il en résulterait une chute de marge brute de 17 milliards d’euros, soit 40 %. Les emplois directs (hors activités de transformation de la production) seraient moyennement à fortement menacés à hauteur de 30 % dans les cultures de base et de 60 % dans les cultures spécialisées.

Enfin, l’Union européenne serait susceptible d’importer plus de 20 % de ce qu’il lui faut en produits de base et, pour les produits des cultures spécialisées, elle pourrait se heurter partiellement à un manque de disponibilités suffisantes sur le plan international. Au total, il faudrait importer la production de 9 millions d’hectares cultivée hors de l’Europe, soit l’équivalent d’un tiers de la surface agricole française, relaie l’Association des producteurs de blé (AGPB).

* « Cumulative impact of hazard-based legislation on crop protection products in Europe », Steward Redqueen, 3/07/2016.

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