Ille-et-Vilaine

Cap sur la santé du pied des bovins

Contre les boiteries et lésions, les associés misent sur l’hygiène, les traitements individuels et le parage régulier, ainsi que sur une sélection génétique intégrant la santé du pied.
Aurélien Guyot, inséminateur, présente une fille du taureau Cypripède, très améliorateur en robustesse du pied, née chez Louis Leroy, à Bédée (35).
Aurélien Guyot, inséminateur, présente une fille du taureau Cypripède, très améliorateur en robustesse du pied, née chez Louis Leroy, à Bédée (35).

La coopérative Gènes Diffusion développe une évaluation génomique sur les aspects Santé du pied. Un partenariat avec l’université de Wageningen (Pays-Bas) a conduit à l’émergence de deux nouveaux prédicteurs : résistance aux lésions et robustesse du pied (voir encadré ci-dessous). Depuis deux ans, cela se concrétise dans les catalogues par deux notes disponibles, RL et RP, sur la fiche des reproducteurs pour intégrer la Santé du pied dans les accouplements.

Améliorateurs à partir de +5
« La Résistance aux lésions (RL) combine l’évaluation génétique de plusieurs pathologies et lésions : cette synthèse intègre les résistances à l’ulcère de la sole (50 %), à la dermatite (25 %), à la bleime (20 %) et à la limace (5 %) », détaille Aurélien Guyot. « La robustesse du pied (RP) caractérise la robustesse génétique des animaux par rapport à leur besoin de parage. » Ces critères, dont les notes fluctuent de 1 à 10, sont améliorateurs à partir de 5.

Repéré au Space

« En 2014, au Space, j’ai bien observé les filles de taureaux très améliorateurs présentées. J’ai jugé qu’elles avaient de meilleurs aplombs que mes animaux », raconte Louis Leroy, installé à Bédée (35). Au Gaec du Château des Douves, l’aire paillée a été abandonnée il y a 3 ans « à cause d’un gros problème de cellules ». Parallèlement, le nombre de vaches étant trop important par rapport à l’accessible pour éviter le « surpâturage », le troupeau est désormais conduit en bâtiment.

4 à 5 parages/an

Un « système hors-sol logettes » exigeant une attention particulière sur la santé des pieds et la qualité des membres des 120 laitières. « Le pareur passe aujourd’hui quatre ou cinq fois par an contre deux fois auparavant », explique l’éleveur. « Avant, nous avions beaucoup de dermatites et un manque de puissance des membres antérieurs… On a beaucoup sélectionné sur le lait. On s’est sans doute trompé en délaissant trop les fonctionnels. »

Sur l’exploitation, chaque semaine, « on lave les pieds en salle de traite et on soigne individuellement si nécessaire avec, en ce moment, une pâte filmogène hollandaise. En attendant peut-être un pédiluve automatique et surtout bientôt des brosses qui balaient les rainures du sol installées sur les racleurs et des ventilateurs pour assécher… » Mais face à une facture de parage de l’ordre de 5 000 € par an, d’autres leviers sont recherchés. Ainsi, au Gaec, la sélection génétique est devenue un axe fort de travail sur la santé du pied. « Depuis deux ans, nous avons beaucoup utilisé Cypripède pour casser rapidement le cycle de sélection précédent. » Ce taureau, « idéal pour la traite robotisée », présente une note maximale de + 10 en robustesse du pied et + 5 en résistance aux lésions « en plus de trayons arrière qui ne se touchent pas », poursuit Aurélien Guyot, technicien chez Gènes Diffusion. Aujourd’hui, les mâles améliorateurs en Santé du pied se nomment Iros CapJ, Italiano ou Hitorian. Et bientôt Gibsons, un fils de Cypripède, également attendu.   

Nés dans de bons sabots

Les premières génisses de taureaux choisis pour leur capacité à améliorer la Santé du pied ne vont pas tarder à vêler chez Louis Leroy. « Une  fois qu’elles seront entrées dans le troupeau, nous ne tarderons pas à observer s’il y a du progrès. Mais en fait, dès la naissance, je remarque que les veaux ont plus de puissance, plus de poids, une meilleure tenue sur les membres. » L’éleveur estime que la corne du sabot est de meilleure qualité, parfois plus épaisse. « Nous devrions avoir moins besoin de parer. Les filles de ces taureaux-là semblent moins sensibles à la dermatite. Si cela se confirme, il y aura rapidement un impact économique positif pour l’atelier. »

Podomètre et santé des pieds
« Au Gaec, des bracelets Afitag mesurent l’activité pour détecter les chaleurs. Quand la santé des pieds s’améliore ou que le troupeau est plombé de dermatites, les déplacements et l’expression des chaleurs sont impactés. Il faut alors revoir le paramétrage, les seuils de détection basés sur le nombre de pas réalisés par jour », note l’éleveur.
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