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Partout, les ensilages de maïs ont 10 jours d’avance

Le BCEL Ouest fait la tournée des départements en proposant aux éleveurs d’analyser en direct des pieds de maïs de leurs parcelles. Objectif : déterminer la bonne date de récolte et échanger sur les tendances du moment.
Romain Guégan, chef produit fourrage au BCEL Ouest.
Romain Guégan, chef produit fourrage au BCEL Ouest.

À Plénée-Jugon, mardi 12 septembre, une trentaine d’échantillons de maïs étaient déjà passés à la moulinette puis au révélateur de l’infraliseur en début d’a-près-midi. « Les résultats de taux de matière sèche se situent dans une fourchette de 26 à 32 %, pour une moyenne à 28 ou 29 %. » En d’autres termes, les cultures prenant environ 3 points de matière sèche par semaine actuellement, les conseillers annonçaient la sortie des ensileuses dans la semaine dans cette zone à l’est des Côtes d’Armor. « Il y a tout de même des parcelles où le grain n’est pas mûr. C’est la plante qui compte : si elle est encore verte, on peut patienter un peu avant de récolter. Mais avec cet été chaud et sec, on voit aussi des plants de maïs cramés avec des grains encore en lait », détaille Romain Guégan, chef produit fourrage au BCEL Ouest.

Forte sécheresse mais bon remplissage des grains

Après les premières étapes de ces Rencontres matière sèche dans les « parties sèches et chaudes » du Sud-Morbihan (Berric, Malansac, Ploërmel, Plouay), dans le Sud-Finistère (Bannalec) ou dans l’est des Côtes d’Armor (Caulnes, Pluduno, Plénée-Jugon), la tendance d’une récolte précoce « se confirme » partout. Par rapport à l’année dernière, « les ensilages ont 10 jours d’avance ». Même les conseillers ont été pris de court : « Nous avons dû avancer plus de la moitié de nos rendez-vous terrain. » Dans toutes ces zones, ça ensile tous les jours. « Et dans les secteurs les plus tardifs, du Centre-Bretagne ou du Finistère, qui ramassent généralement après la mi-octobre, on prévoit également une bonne semaine d’avance. »
Malgré le « gros déficit hydrique » d’un été sans précipitation, « comparable aux sécheresses de 1976 et 2003 »,  la crainte d’un fourrage de faible qualité semble se dissiper. « Il y a eu une bonne floraison et un bon remplissage des grains. Les maïs paraissent plutôt corrects. Les rendements seront à la baisse par rapport à l’année dernière, mais probablement moins que ce que nous imaginions. »

Les tas d’ensilage seront chauds La température d’un silo est conditionnée par celle du jour de sa confection. Comme nous récoltons actuellement pendant des journées douces, voire chaudes, les tas vont mettre ensuite plus de temps à refroidir cette année.Romain Guégan

Maïs secs, tassage plus délicat

À l’heure de rentrer l’ensileuse dans les parcelles, Romain Guégan attire surtout l’attention sur le tassage. « Plus le fourrage est sec, plus il est difficile à tasser et plus on enferme de l’air dans le silo. La conservation est donc plus délicate : il faudra plusieurs jours après bâchage pour que tout l’oxygène emprisonné soit consommé avant que la fermentation anaérobie prenne le relais. » Son conseil ? « Plus que jamais cette année, il faut mettre les moyens sur le tassage en termes de poids d’attelage. En veillant bien à ensiler les parcelles les plus sèches le matin, elles auront repris de la rosée avant d’être étalées en fond de silo, puis les plus vertes par-dessus pour lester. »

Par la suite, le technicien prédit probablement davantage de refus à l’auge. « Les morceaux de feuilles sèches sont généralement mal mangés. Se pose aussi la question de la digestibilité de la fraction feuilles – tige de ces maïs. On risque de perdre de la valeur UF. Mais il faudra attendre les analyses pour y voir plus clair. »

Une appli mobile pour un bon tassage
Proposée par le réseau FR Cuma Ouest, l’application TassSilo sur tablettes et smartphone (environnement Android) permet de calculer en quelques secondes le poids d’attelage nécessaire pour assurer un tassage correct de son silo en fonction notamment du rendement et du débit de chantier assuré par l’ensileuse. « Un repère à retenir : 400 kg par tonne de matière sèche entrante à l’heure sont nécessaires pour obtenir un silo de qualité », précise Romain Guégan.

Disponible sur Google Play

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