Energies et environnementMorbihan

La zone littorale du Morbihan se végétalise

Il n’y aura pas de retour en arrière. Les élevages qui cessent et les animaux qui quittent les  cantons de la zone littorale n’y reviendront pas. Seules les vaches allaitantes résistent.

Les communes du Morbihan comptent, en moy-enne, 55 % de surface agricole. Cette proportion chute à moins de 30 % dans de nombreuses communes du littoral. L’urbanisation se développe pour accueillir une population attirée par les côtes du sud de la Bretagne. Les 64 communes des 16 cantons concernés comptaient encore, en 2010, 1 500 exploitations, soit 20 % des fermes départementales. La SAU a baissé de 7 % ces 10 dernières années, contre 4 % au niveau départemental.  « Certains cantons paraissent avoir une SAU stabilisée, mais cela cache une très forte rétention foncière et des surfaces en friches », indique Arnaud Haye, conseiller à la Chambre d’agriculture, intervenant à l’assemblée générale de Cap 2000. Le canton d’Auray est particulièrement concerné. Y a- t-il alors un avenir pour l’agriculture dans cette région ?

Maraîchage et vente directe

« Depuis une quinzaine d’années, on constate le développement d’une agriculture cherchant à capter les opportunités du territoire ». La zone compte 100 exploitations maraîchères (400 au total dans le département) sur des petites surfaces. Les circuits courts s’y développent bien plus rapidement qu’ailleurs et la transformation à la ferme également « Depuis 7 ans, une installation sur deux prévoit de la vente directe ». Les activités de service comme les centres équestres ou le tourisme à la ferme tirent leur épingle du jeu.

La production laitière, toujours dominante, est globalement en régression même si elle résiste bien dans certains secteurs, signe d’une grande restructuration. Elle représente aujourd’hui 29 % de l’activité agricole (critère  économique) contre 41 % en 1988. Elle est désormais talonnée par les productions végétales (grandes cultures et maraîchage). Le troupeau allaitant est en forte augmentation (+ 36 % en 10 ans). « Autour du Golfe, il y a désormais autant de vaches allaitantes que de vaches laitières ». Le porc et la volaille ne comptent que peu d’effectifs. Un maintien au stade actuel serait déjà une satisfaction pour la profession.

Foncier protégé en Pays de Vannes
La profession se mobilise pour préserver l’espace agricole. La charte de l’urbanisme, signée par le Conseil départemental, la Chambre d’agriculture et les élus locaux, prévoit une étude d’impact des projets d’urbanisation. À titre d’exemple, la Scot du Pays de Vannes était en enquête publique récemment. Un travail préalable a été réalisé par la Chambre d’agriculture. « Nos remarques ont été prises en compte », se réjouit Philippe Le Dressay, agriculteur à Vannes. « L’agriculture a été reconnue comme une activité économique à part entière ».

Au final, ce sont plusieurs hectares de terres agricoles qui ont été protégées. Il y a quelques années, ce foncier aurait probablement été consommé par l’urbanisation. Protéger l’espace agricole c’est aussi gérer les friches, nombreuses sur le littoral, ne pas entraver le passage des engins dans les bourgs, favoriser les échanges parcellaires, maintenir la destination des bâtiments d’élevage d’où l’intérêt de réaliser les diagnostics agricoles communaux en cours.

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