Politique et Syndicalisme

Des signes d’amélioration sur les marchés laitiers

Depuis deux mois, les prix du beurre et de la poudre remontent sur le marché mondial. La production européenne amorce une baisse. De bons signes pour les mois à venir.

Les aides annoncées par l’Europe et confirmées par le ministre français de l’Agriculture pour inciter les producteurs à baisser la production laitière arrivent-elles trop tard ? Depuis le printemps, le mouvement de baisse de production laitière est en effet amorcé en Europe. « Pour la première fois depuis la fin des quotas, la production laitière européenne a diminué en juin dernier de 1,3 % », annonce Benoît Rouyer, dans sa dernière note de conjoncture. L’économiste au Cniel y voit « un changement de cycle qui se dessine progressivement »

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Le marché régulateur

Encore une fois, qu’on le veuille ou non, c’est donc la loi de l’offre et de la demande qui a remis de l’ordre sur le marché. Ou plutôt chez les producteurs européens qui, quel que soit le pays, se trouvent « dans une situation financière préoccupante », comme l’observe Benoît Rouyer. La baisse de production amorcée en juin dans l’Union européenne est la traduction de ces difficultés de trésorerie – ou de cette lassitude à produire à perte –. Il faut peut-être aussi chercher des causes à la baisse de production au niveau de la météo qui a été peu favorable aux fourrages de printemps sur l’ensemble de l’Europe de l’Ouest, et particulièrement en Bretagne où la production est en recul de 8,6 % sur le 1er semestre.

Les producteurs verront dans ce recul généralisé de la production, un début de réponse à leur interrogation récurrente sur la spirale infernale de baisse du prix du lait amorcée en décembre 2014 (si l’on exclut la courte période haussière ponctuelle de septembre à novembre 2015). Avec un lait encore en dessous de 300 €/1 000 L en août, la prudence reste pour autant de mise dans les campagnes. D’autant que la dernière cotation du beurre industriel français a perdu 93 €/t après avoir gagné 487 €/t sur juillet. Depuis le 25 avril, la poudre de lactosérum progresse par contre régulièrement (environ 100 €/t en 18 semaines).

Revirement depuis deux mois

« Même si les cours internationaux restent très bas, on observe un revirement depuis deux mois. Ce renversement de tendance devrait se prolonger du fait d’une stabilisation, voire d’une baisse des volumes produits dans les principaux bassins d’exportation de l’hémisphère sud et de l’Europe », note l’économiste du Cniel. Et d’expliquer que « plus de la moitié des pays européens sont concernés par la baisse de production : Allemagne, Pologne, Royaume-Uni, Belgique, Espagne. En France, selon FranceAgriMer, la collecte recule depuis le mois d’avril ». Pour l’économiste le plan de soutien devrait « contribuer à raffermir les prix dans les prochains mois en incitant les producteurs à baisser leur production ».

L’Europe, gros fournisseur du marché mondial
Les échanges internationaux de produits laitiers sont relativement modérés : 9 % de la production mondiale. Et les principaux producteurs ne sont pas ceux qui interviennent le plus sur le marché mondial : ainsi, l’Inde, numéro 1 avec une production de 140 milliards de litres, soit 6 fois la France, est à l’équilibre en export et import. La Nouvelle-Zélande produit un peu moins que la France, mais représente 27 % des produits laitiers échangés sur le marché international. Le pays exporte 90 % de sa production. L’Union européenne est le 2e fournisseur du marché mondial et représente 26 % du volume. La France participe au rayonnement international derrière les Pays-Bas, mais devant l’Allemagne, l’Irlande et le Danemark.Benoît Rouyer, Économiste Cniel
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